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Le CSIA fête ses 30 ans de solidarité
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Journée Internationale de Solidarité
Des Peuples Indiens
Des Amériques

Le 11 octobre 2008

Et bien oui, nous revoilà, encore une année de passée, et cette fois ci, nous fêtons un anniversaire celui des 30 années de lutte, de soutien du CSIA pour les premières nations. Des réussites, des progrès, mais malheureusement encore beaucoup trop d’exactions en Amérique du Sud, toujours les mêmes questions, les mêmes combats….Est ce que l’homme va grandir et évoluer ?…….j’imagine déjà quelques gloussements  ! ! ! ! !

 

Beaucoup de monde, une très belle exposition de photos, des intervenants ô combien intéressants, un groupe musical, l’indispensable buvette pour une telle journée, des stands, à mon goût cependant, pas assez représentatifs.

 

Mais sans plus attendre, laissons nous guider  ! ! ! ! !
Patricia 

 


Edith (Présidente du CSIA)

Bonjour à vous tous
et merci d'être ici 

Le fil conducteur de cette soirée, et les grands thèmes récurrents aujourd’hui, que l’on ne peut éviter, sont les questions du génocide, de l’ethnocide, et pour les communautés autochtones, c’est évidemment la question de la souveraineté, de l’auto détermination des terres et territoires et des ressources naturelles.

 

Il faut essayer de se représenter cette Amérique et au delà, cette planète, cette Terre Mère comme disent les Autochtones, qui est ponctuée de foyers de résistance, représentant environ plus de 350 millions d’autochtones dans le monde suivant les chiffres des nations unies. Ils n’ont jamais cessé de lutter, constamment victimes d’assassinats, en permanence criminalisés, et sur tous les fronts, en même temps dans leur communauté à défendre leur famille, dans les institutions et dans les forums à essayer de faire entendre leur voix.

 

Mais cette journée est aussi une fête, pour nous, pour vous et tout ceux qui sont là, malgré les nouvelles souvent difficiles, parce que les gens viennent à la rencontre, à notre rencontre, non pas pour prendre et Accaparer, mais pour apporter quelque chose et partager.

 

 


         Sylvain Duez-Alesandrini représentant officiel en France
du Groupe de Soutien à Leonard Peltier (LPSG).

Pour briser les mythes réducteurs et porter la voix des communautés indiennes en Europe et à travers le monde, des comités se sont créés. En France, ce fut d’abord le comité de soutien aux indiens des Amériques, puis suite à un changement de nom, il devint le " Comité de solidarité avec les indiens des Amériques "

En Suisse, existe encore une autre association "incomindios " toujours très active, En Amérique....

 

Une des demandes proposée par les délégués indiens, consistait à célébrer chaque année une journée internationale de solidarité avec les peuples indiens des Amériques, en souhaitant qu’elle ait lieu vers le 12 octobre, en opposition avec le " colombus day " aux Etats Unis, jour de Christophe Colomb, fête perçue comme raciste par les communautés indiennes et afro américaines. En Amérique latine et dans de nombreux pays, on nomme cette journée " jour de la race ", une ode aux conquêtes et aux conquistadors.

 

Fidèle à son engagement, le CSIA s’est attelé à la tache, et organise désormais cette journée depuis 1981, chaque année, autour du samedi le plus proche du 12 octobre, invitant des délégués afin que le public français, les militants, puissent les rencontrer et développer ces liens de solidarité.

Je suis très honoré de laisser maintenant la parole à Edith.

Edith est présidente de l’association. J’y ai adhéré moi même en découvrant les livres qu’elle a écrit après 1977, et tout le travail de son comité. Je remercie également toutes les personnes qui ont donné du temps et de l’énergie pour que les droits des populations autochtones avancent dans le monde. Nous avons fait tous ensemble un pas en avant, depuis l’adoption, il y a un an, de la déclaration des droits des peuples autochtones aux nations unies….. j’en suis très heureux, et cela doit nous encourager à continuer nos actions !

J’ai envie de revenir sur la fin des années 70, et particulièrement en 77, où certains d’entres nous ont eu la chance d’être à Genève en même temps que ces délégations amérindiennes, ces délégations autochtones, toutes générations confondues, jeunes et anciens, qui sont venues en vêtements traditionnels, notamment une femme, Winona LA DUKE, notre invitée au début des années 80, puis en 2001, et qui a l’époque avait 17 ans. Elle avait été chargée par le conseil international des traités, de porter le dossier sur la défense des ressources naturelles, il y avait aussi à l’époque un Délégué des Anciens de la nation Hopi David MONONGYE et Thomas BANYACA leader spirituel Hopi, les leaders de l’AIM (American Indian Movment) des gens qui ont résisté, dont certains résistent toujours ! c’était vraiment une vision extraordinaire, cela faisait déjà des décennies que les résistants indiens essayaient de percer le mur du silence, pour enfin acquérir l’exposition qui leur permettrait de faire avancer leur lutte pour les droits souverains et à l’auto détermination. Toutes ces délégations avaient reçues mandat des anciens et des chefs traditionnels des diverses communautés . D’une certaine manière, il a fallu travailler d’arrache pied pendant 30 ans pour aboutir, comme disait sylvain, il y a peu de temps à la signature par l’assemblée générale des nations unies, de cette déclaration sur les droits des peuples autochtones. C’est une grande victoire, mais c’est aussi simplement une étape…..Je crois que cette journée va nous montrer combien il est difficile d’avancer, " un pas en avant, un autre en arrière " ! nous allons voir, combien tout le travail de solidarité qui est fait à l’échelle internationale, est important et malheureusement toujours nécessaire.

 

J’aime bien raconter cette petite histoire : " un enfant de 9 ans à qui je disais : toi aussi peut être, quand tu seras grand, quand tu auras 20 ans, tu aideras aussi le comité de solidarité avec les indiens des Amériques….il m’avait répondu, ben non, moi quand j’aurai 20 ans, il n’y aura sûrement pas besoin d’un comité comme celui là. " Ce n’est évidemment pas le cas, mais en même temps cette solidarité, pour la défense des droits nous permet de tisser ensemble, des liens d’amitié. Nous verrons, au cours de cette journée, au travers des différents témoignages, comment la solidarité à permis de faire avancer les choses, et combien ce racisme, cette dénégation des droits à l’autodétermination est malheureusement toujours aussi forte.

 

Il faut se rappeler qu’en 1994, avec des personnes engagées dans le mouvement latino-américain, nous étions une des premières associations, même si nous n’étions que 10, à être devant l’ambassade. Quelques personnes sont venues s’impliquer avec notre groupe, dans un élan de solidarité qui nous a permis de constituer un réseau fort et abattre beaucoup de travail.

(Sylvain) : Nous allons maintenant demander à la délégation Mohawk
de venir nous rejoindre

(Sylvain) : " Pour nous, le soutien à la nation Mohawk remonte à très longtemps, c’était aussi notre combat avec la confédération Haudenosaunee en 1977 aux nations unies. Nous les avons également accompagné en 1990 lors des démarches de solidarité pendant la crise d’Oka à Kanesatake, c’est à cette occasion que nous avons rencontré Kenneth DEER, et que nous avons continué notre mission, toujours au sein des nations unies, pour faire valoir leurs droits lors de l’adoption de la déclaration des droits des peuples autochtones. C’est un honneur d’avoir Kenneth avec nous. La confédération Haudenosaunee fait partie de l’histoire de solidarité du CSIA, et plus largement du réseau de solidarité au niveau Européen. Lorsque l’affaire d’Oka a éclaté, on s’est souvenu avec Kenneth que notre première rencontre datait de la manifestation de Munich, organisée le matin même, et qui regroupait des personnes d’"Incomindios",

de
" big mountain action group ".
Nous avions pu entrer dans le consulat, mettre le drapeau de la confédération Haudenosaunee à la fenêtre et discuter avec des représentants du gouvernement canadien pour que cesse la répression contre les communautés Kanesatake et Kahnawake.

 

C’est donc pour moi un honneur de vous présenter Kenneth et Thomas DEER ! "

KENNETH DEER
Il s'est énormément impliqué dans l'élaboration de la
Déclaration des Nations Unies sur les Droits
des peuples autochtones. Il a également co-organisé le
Caucus autochtone depuis 1994 et l'a co-présidé à de nombreuses reprises.
En 2000, il est Président/Rapporteur du séminaire sur les Médias
Autochtones aux Nations Unis, à New York. Il est membre du groupe de travail à L'ONU
sur les techniques de l'information et de communication (ICT), créé en 2005 lors
du Sommet Mondial sur la Société de l'Information à Tunis.
Il est impliqué dans la création du portail autochtone, portail géré par et pour
les autochtones. Il a été éditeur de "The Eastern Door" jusqu'en 2007. Ce journal
hebdomadaire, qu'il a créé en 1992, est diffusé au sein de la communauté
mohawk de Kahnawake et lauréat de plusieurs prix décernés par la profession.

 

 

" Tout d’abord, je voudrais apporter mes salutations à vous tous ici, des salutations de la part de mon peuple, de nos leaders, et de nos mères de clan. Il est vrai que nous avons de très bonnes relations nous les Mohawk, mon peuple, ma communauté, avec le CSIA, et je voudrais les remercier pour ces trente années de travail et de soutien. Sylvain a rappelé très justement les évènements de 1990, de notre première rencontre. Le CSIA nous a été très très précieux par son soutien, cela nous a permis de parler du conflit qui opposait la communauté Mohawk au gouvernement. Le CSIA abat beaucoup de travail, les autres organisations sont aussi des alliés de poids, elles représentent le seul véritable moyen que nous ayons pour informer sur les réalités, et sans eux, il est clair que nous ne serions pas ici.

 

Cela fait déjà 5 ou 6 fois que je viens et que je m’adresse à vous qui venez me rencontrer !

 

Ce dont je peux vous assurer, c’est que les Mohawk aux Etats Unis et au Canada sont encore bien vivants, nous avons survécu et nous combattons toujours. La signature de la déclaration des droits des peuples autochtones par les nations unies, récemment, est l’action la plus importante et significative. En ce qui me concerne cela fait 21 ans que je suis actif dans ce processus avec la confédération Haudenosaunee, impliquée elle, depuis 1977, soit depuis le début. Il faut savoir que les deux états nations, les Etats Unis et le Canada où se situent les terres de mon peuple, là où vivent nos communautés, ont refusé de signer cette déclaration. Paradoxalement, ce sont ces deux mêmes pays qui se sont retirés du processus contre le racisme.

 

Concernant les Etats Unis, nous espérons changer un peu la nature des relations entre les Mohawk et le gouvernement américain si OBAMA gagne les élections, bien que nous restions discrets à ce sujet. Au Canada, auront lieu des élections pour élire un premier ministre et donc un nouveau parlement. C’est un moment très important pour nous, c’est une des clés d’un réchauffement des relations, puisque depuis plusieurs années, nous supportons un gouvernement conservateur absent de tous les débats progressistes. En réalité, il est très probable que nous ayons à subir à nouveau, pendant 4 ans, un gouvernement à majorité conservatrice, voire d’extrême droite. Quoiqu’il en soit, et quelque soit le prochain gouvernement, nous Mohawk avons bien l’intention de poursuivre le combat qui est le nôtre depuis longtemps, et qui pour l’instant nous a mené jusqu’à cette déclaration des droits des peuples autochtones.


edith, Kenneth DEER, Kari Ann COWAN-PELTIER

 

L’article le plus important de cette déclaration, c’est l’article 3, celui qui affirme, notre droit à l’auto détermination : nos droits à notre langue, à la culture, à l’éducation, à la santé, à nos terres, à nos ressources naturelles. Cette déclaration n’est certes pas parfaite par bien des aspects, néanmoins, elle nous reconnaît déjà une certaine légitimité. Sur ce point là, je tiens à féliciter votre gouvernement qui a l’ a voté. Et bien évidemment, j’ajoute que les droits de cette déclaration, doivent être appliqués en Guyane Française, et sur les autres territoires sous gouvernance française, où vivent des peuples autochtones.

 

Bien que non contraignante à nos yeux, cette déclaration met beaucoup de pression sur les Etats. Dans tous les pays quasiment où vivent les peuples autochtones, nous sommes des minorités. Nous devons continuer à nous battre pour vivre et pour survivre. L’intérêt , c’est qu’elle nous donne des outils pour continuer à lutter pour nos terres. Nous devons continuer à enseigner à nos enfants, aux enfants de nos enfants comment continuer à combattre…..si nous ne le faisions pas, nous disparaîtrions.

(Sylvain) : Sur ces mots, je passe maintenant la parole au prochain intervenant Mohawk.

THOMAS DEER
Teiwoi:sonte Thomas DEER est membre du clan du loup et citoyen de la
Confédération Haudenosaunee des 6 nations. Il réside sur les terres de la nation
mohawk, à Kahnawa'ke. D'abord Etudiant au Centre Culturel et linguistisque
 de Kanien'keha:ka Onkwawén:na Raotitiohkwa(KOR), il y travaille aujourd'hui
afin de préserver, de promouvoir et d'enrichir la langue et la culture du peuple
Kanien'keha:ka (mohawk). En tant qu'ambassadeur culturel du KOR, Teiwoi:sonte reçoit
des délagations du monde entier qui désirent en savoir plus sur la culture Kanien'keha:ka.
Il parcourt également le monde afin de représenter le KOR au cours de conférences
et de rencontres sur les thèmes de la protection et de la promotion des langues
et cultures en danger. Teiwoi:sonte est également très investi au sein de la Maison
longue de la nation mohawk à Kahnawa:ke l'institution politique et spirituelle traditionnelle
de la Confédération Haudenosaunee des Six nations. Représentant son peuple à l'étranger,
il a participé à plusieurs séances de travail concernant les droits des
peuples autochtones aux Nations Unis. Au cours de voyages dans d'autres
Pays du monde, il a veillé à établir des relations amicales de nation à nation.
Depuis onze ans, Teiwoi:sonte est secrétaire du Rotisken"rakéhte, la branche
Kahnawa:ke de la société des guerriers mohawk, avant garde du peuple
Kanien'keha:ka sous la supervion de la Maison longue.

Je voulais commencer mon introduction dans ma langue traditionnelle en vous remerciant d’être tous ici présents. Mon nom traditionnel "Teiwoi:sonte" veut dire " recouvert par la glace ", mon nom anglais est Thomas DEER. Je fais partie du clan du loup, de la nation Mohawk, membre de la confédération Haudenosaunee.

 

Depuis 11 ans, je suis le secrétaire de la société des guerriers qui sert en qualité de protecteur de la " longue house", notre gouvernement traditionnel. Depuis 3 ans, je m’occupe du centre culturel de ma communauté, des liaisons culturelles et de tout ce qui concerne le développement graphique.

 

Concernant le combat au sein de la déclaration des droits des peuples autochtones, j’aimerais revenir sur l’article du droit à l’auto identification, Ce droit a été pris en compte depuis longtemps par notre confédération, peut être que certains d’entre vous le savent, mais pour affirmer sa reconnaissance symbolique, nous voyageons avec un passeport de la confédération Haudenosaunee .

 

Nous saluons cette mention de la déclaration, mais nous pensons aussi qu’il est de notre devoir d’aller plus loin encore. Nous nous devons de valoriser cette auto identification, et d’affirmer la spécificité de nos cultures.

 

Il fut un temps, pas si lointain, et je ne suis pas vieux, où nous n’avions pas le contrôle de notre propre éducation. Jusqu’en 1970, le système éducatif était régi par l’Etat Fédéral avec un partenariat de l’église catholique. Ils voulaient nous intégrer dans la société canadienne, nous assimiler pour que nous devenions de bons citoyens canadiens, et détruire notre identité en tant que peuple autochtone. Heureusement, dans les années 70, s’est opéré un renouveau culturel et identitaire, une revitalisation des cultures traditionnelles. Sans demander au pouvoir fédéral en place, nous avons repris le contrôle de notre système éducatif.

 

Fin des années 70 et début des années 80, nous avons été une des premières communautés à mettre en place la première école élémentaire entièrement en langue Mohawk, en immersion totale. Notre conseil des chefs a également fondé deux écoles qui enseignent l’histoire, sans occulter la nôtre. Au travers de ces 20 dernières années, des études ont permis d’affirmer que ces projets se sont déjà révélés être des succès !

 

Nous avons cependant pu analyser 3 choses : la première est le nombre décroissant de Mohawks parlant notre langue, les anciens, qui eux la parlaient couramment, venant petit à petit à disparaître. La deuxième que nous avons pu définir, c’est aussi l’influence négative de la télévision qui ignore totalement notre culture. La troisième, une des plus intéressantes, c’est que nous nous sommes rendus compte qu’il y avait un fossé, entre des enfants apprenant le mohawk et des parents anglophones qui ne le parlaient pas, d’où une difficulté de communication, ce que certains éducateurs firent remarquer : "  notre langue malgré notre enseignement ne reste qu’une langue scolaire. Lorsque les enfants rentrent chez eux ou jouent avec leurs camarades, ils réutilisent la langue anglaise ".

 

Avant le contrôle de ce ré-apprentissage de la langue, on conseillait aux Mohawk de ne plus la parler, sous peine d’être exclu du monde du travail et de la société. C’était très dur pour les gens de mon âge, car nous ne pouvions communiquer avec ceux de la génération précédente. Après ces constats dans les années 2000, notre communauté, au travers de rencontres et de débats, s’est attachée à persévérer dans ce programme de développement culturel et linguistique afin qu’il perdure avec efficacité.

 

En 2001, le centre culturel, mon organisation et d’autres institutions, avons défini un nouveau programme, que l’on peut traduire dans notre langue par "  nous rendons notre langue plus forte encore aujourd’hui ". Un des objectifs de ce nouveau concept a été de combler ce fossé générationnel, pour que les parents des enfants impliqués, puissent eux aussi ré-apprendre leur langue originelle.

Je suis donc très heureux de vous annoncer que le projet, au préalable d’un an, a été étendu à deux, avec dans un premier temps l’étude et l’apprentissage basique de la grammaire, et dans un deuxième temps, de la culture, de nos valeurs traditionnelles et spirituelles. Autre satisfaction, nous avons créé une chaîne dans notre langue. Depuis 4 ans nous avons développé 4 émissions qui sont diffusées au niveau interne, au sein de notre communauté dont l’une est un programme sur les évènements culturels et les informations importantes pour nos communautés, et une autre pour les enfants en réponse à la culture dominante. Depuis ces 4 années, nous enregistrons un retour positif au sein de la communauté, notamment le programme pour les enfants. Cela nous a encouragé à mettre en place dans les écoles un spectacle de marionnettes interactif, et parfois les enfants se mettent à leur parler dans leur langue en pensant qu’elles sont vivantes. Une véritable synergie s’est installée au sein de notre communauté et cela nous donne espoir que notre culture et notre langue puissent se transmettre aux futures générations.

 

Je voudrais vous narrer une histoire personnelle : pendant la crise d’Oka en 1990, j’ai rejoint notre société de guerriers pour défendre notre terre et notre territoire. Je me suis interrogé : puisque moi je venais d’une famille chrétienne que j’avais la peau claire, mis à part la langue, qu’est ce qui me différenciait des ennemis qui nous ont attaqués  ? Et j’ai trouvé la réponse, c’était la " Long House " la maison longue, le vecteur et le référent social, culturel et politique pour notre communauté. J’avais 14 ans quand j’ai rejoint ce combat, et la première chose que j’ai décidé, c’est de m’asseoir et d’écouter les anciens. Durant toutes ces années 90, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour suivre et essayer de comprendre avec leur concours et leur aide. Mais nous avons pu constater que ces anciens disparaissaient un à un. En 1999, notre chef cérémoniel est décédé, et nous les jeunes avons commencé à nous regarder en nous demandant qu’elle sera notre réponse face à cette triste évolution. C’est peut être ce qui nous a guidé dans les années 2000 et a poussé ma génération à se réapproprier notre langue traditionnelle. C’est à ce moment que nous avons voyagé à travers toute la confédération iroquoise pour les écouter et rattraper le temps perdu, car il était de notre responsabilité de perpétuer les traditions. Je suis donc fier d’annoncer qu’en 2008, nos cérémonies traditionnelles continuent d’exister, avec les chefs traditionnels et cérémoniels, les anciens qui nous restent, et les jeunes qui font de nous ce que nous sommes. Grâce à ces jeunes, nous gardons l’espoir !

Avant de conclure je voudrais revenir au début de ma réflexion sur l’auto identification de la déclaration des droits des peuples autochtones : c’est une responsabilité très lourde, mais nous savons qu’aujourd’hui, nous sommes prêts à l’assumer. Si effectivement nous avons fait un pas et avancé, nous n’aurions pas pu le faire sans le soutien des organisations internationales comme notamment celle du CSIA ou  incomindios, soit toutes celles qui nous aident et qui nous ont aidé à être ici aujourd’hui avec vous. J’aimerais souligner aussi le fait, qu’il n’est pas facile de venir ici à Paris, en utilisant le passeport de notre confédération iroquoise.

WALEHA JOHNS
(Diné - USA)

Originaire de la communauté de Forest Lake,
sur la réserve Navajo en Arizona. Elle assiste dès son plus jeune âge,
aux effets destructeurs de l'exploitation minière. En 2001, alors étudiante
elle co-fonde la "Black Mesa Water Coalition

Je commencerais par souligner, en ayant écouté mes deux frères avant moi, qu’il est toujours désolant de réaliser que les mêmes problèmes se posent partout, quels que soient les peuples autochtones concernés, où que vous soyez, je ne me serais pas exprimé autrement, avec les mêmes mots pour en parler !

 

L’endroit d’où je viens, s’appelle Black Mesa, en Navajo, en Diné. Black Mesa est une montagne " féminine ", créée ici même par les esprits, sa force nous est supérieure. A ses côtés, existe son pendant " masculin "  et quatre autres montagnes sacrées, qui entourent la réserve Navajo, à l’Ouest, à l’Est, au Nord et au Sud. Elles forment une sorte de diamant, avec au centre, Black Mesa et la montagne masculine.

 

Nous avons deux principales rivières sur la réserve, une à l’Ouest et une à l’est, et deux cours d’eau moins influents dans la région. Pour nous, toute cette zone dont je vous parle, est notre autel, au sens religieux et spirituel du terme, c’est notre foyer, c’est là que les esprits ont voulu que nous vivions en harmonie avec la nature. Des enseignements transmis de mes parents et de mes grands parents, j’ai réalisé que ce territoire représentait notre identité et qu’il nous fallait le préserver. Sur ce territoire, une compagnie des Etats-Unis exploite depuis presque 30 ans une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert du pays. Nous soutenons, moi, ma famille, et tous les gens qui habitent cette région, l’organisation " Black Mesa Water coalition ", fondée par des jeunes, pour lutter contre cette mine et pour l’accès à l’eau. En effet, " Peabody " pompe notre eau (environ 3 millions de galons), depuis presque 35 ans, une eau très saine. Cette eau est transportée pour être transformée en électricité, à plus de 500 kilomètres de la réserve, pour y alimenter le sud-ouest des Etats Unis, résultat, la plupart de nos sources se sont asséchées, et notre nappe phréatique diminue petit à petit, inévitablement.

Beaucoup d’anciens considèrent que le charbon est le foie de cette région, et ce foie a une fonction en lien avec la Terre Mère. Son rôle est de la purifier, le charbon doit donc rester là où il est, comme tous les autres éléments, que vous appelez les ressources naturelles. De la même manière que notre corps souffre, lorsque que vous l’amputez d’un organe, la Terre Mère souffre elle aussi, si on lui enlève son foie ou tout autre élément comme l’uranium et le pétrole.

 

Avec mon organisation, nous avons d’abord visité les communautés en nous réunissant, pour les informer afin qu’elles puissent s’organiser et faire pression sur notre gouvernement tribal, sur le gouvernement de l’Etat et sur le gouvernement fédéral. Le gouvernement tribal ne représente pas nécessairement les gens qui vivent sur ces terres de Black Mesa. Nous voulions qu’il réalise qu’il ne faut pas utiliser cette eau en la gaspillant. Dans la communauté d’où je viens, et dans celles avoisinantes, beaucoup de gens sont fermiers ou éleveurs : ils sont obligés d’aller chercher l’eau à la rivière n’ayant pas accès à l’eau courante. Il est plutôt cynique, que nous fournissions, depuis 35 ans, l’eau à tout le sud ouest des Etats Unis, en aidant en cela, des communautés à se développer, alors que pleins de gens chez nous, n’ont pas l’eau courante, ni l’électricité. L’augmentation du prix de l’essence n’arrange en rien le problème de ces familles ! La sécheresse est aussi un problème grandissant dû au changement climatique. Je suis fier d’appartenir à ma communauté , je suis fier de notre lutte pour l’amélioration de nos conditions de vie, du respect de nos traditions et des enseignements spirituels qui nous ont été transmis. Mais c’est un combat difficile, nous sommes dans le ventre de la bête, puisque c’est notre propre gouvernement tribal qui a signé l’accord avec " Peabody ". Il faut toujours affronter cette machine administrative et bureaucratique. Nous sollicitons notre gouvernement tribal, pour qu’il encourage les " emplois verts " comme je les appelle, liés à nos traditions, tissage, culture des plantes utilisées par notre communauté. Nous voulons parvenir à l’autosuffisance, favoriser les échanges……et continuer de faire pression, contre ce gouvernement tribal qui encourage toujours l’exploitation du charbon. Nous essayons, en ce sens, de faire passer une loi, avec le soutien d’un leader Navajo.

 

Pour conclure, je dirais que nos luttes sont toutes liées, et qu’il faut affronter ces états qui en veulent toujours plus, les Etats-Unis comme les autres, et je ne parle pas seulement pour ma communauté, mais d’une façon plus générale.

 

Merci

 

Site :

www.blackmesawatercalition.org et www.ienearth.org

 

JUAN CHAVEZ
(Purépécha du Mexique)

Paysan et maître d'école dans la communauté de Nurio, dans le Michoacan,
à l'ouest de la ville de Mexico. Il appartient à la nation
P'urhépecha, dont la langue est l'une des
soixante deux encore parlées dans le Mexique aujourd'hui.
Porte-Parole de sa communauté, membre du Congrès National Indigène (CNI)

Nous avons toujours essayé de préserver nos connaissances en terme d’environnement dans le cadre du respect de la Terre Mère. Mais dans les années 50/60, les gouvernements néo libéraux et capitalistes ont commencé à introduire les engrais chimiques et les pesticides contaminant la ville, l’eau, l’air et agressant la nature. La mécanisation a été introduite à cette époque, avec une technologie qui n’était pas appropriée aux sols ; cela a changé la richesse et l’équilibre des nutriments de la nature. Les sols se sont appauvris, les lacs ont commencé à s’assécher, les rivières ont été détournées. Les années 70/80 ont vu se développer de grands projets d’entreprises industrielles, d’hôtels, de restaurants ou encore de golfs….

 

Le président Salinas réforma dans les années 90, l’article 27 (réforme des terres collectives : droit à la terre comme propriété sociale, privatisation en en faisant un droit individuel ) de la constitution mexicaine et signa le traité de libre échange entre le Canada, les Etats Unis et le Mexique. C’est là que l’on mit en place de grands plans d’infrastructure, de grands mégas projets, comme les puebla-panamà, le plan Colombie, le plan Alena…. et récemment celui qui conforte la soumission de l’armée mexicaine à celle des Etats-Unis. En Basse Californie, un parc éolien industriel a été donné en concession aux entreprises multinationales espagnoles.

 

Des mégas projets de voies rapides sur tout le territoire, du nord jusqu’au pacifique, ont été adoptés, au service des capitalistes nord américains, pour le transport des marchandises depuis l’est des Etats Unis vers le plus grand marché du monde, de plus de 250 millions de consommateurs, le marché asiatique.

 

Le président Salinas, le président actuel Calderon privatisent et donnent en concession les minéraux, aux entreprises canadiennes ou européennes, de l’Inde ou de Chine.

 

Ils exploitent les minéraux à fleur de terre avec de la dynamite ou du cyanure. De cette façon, ils contaminent l’eau, la terre, la nature et l’environnement. Ils s’approprient de grandes surfaces, de grandes extensions de terre qui appartiennent aux nations, aux peuples et aux tribus indiennes, en les déclarant hypocritement " aires naturelles protégées " mais en les bradant en réalité aux multinationales.

 

Toutes ces politiques, sont des politiques de mort, pas seulement pour le peuple du Mexique. Ils provoquent de grandes migrations, cela octroie certes quelques emplois, mais pour très peu d’élus. La majorité des travailleurs indiens, des ouvriers, des femmes et des jeunes qui vivent dans les villes sont au chômage et migrent en masse vers les Etats Unis. Cette politique de répression s’applique sur tout le continent et dans toute l’Amérique Latine, de la terre de feu, jusqu’à l’île de la tortue. Elle vaut aussi en Asie, en Afrique, en Océanie, où d’un côté il y a des richesses, et de l’autre une extrême pauvreté. Des résistances existent, par exemple dans cette autre France, celle que nous avons pu rencontrer, avec des jeunes qui luttent pour récupérer la terre, ou pour obtenir le droit au logement, pour rétablir les cultures biologiques, organiques, où ils utilisent des semences, des graines naturelles, où ils recherchent un projet de vie, comme ces coopératives pour produire des aliments sains, mais sans ou avec très peu d’appui des gouvernements. C’est le cas de nos frères paysans qui luttent contre les OGM, qui sont emprisonnés et doivent payer des amendes de 250 000 euros. Partout, des luttes s’organisent pour un monde meilleur, contre Monsanto  par exemple, le leader mondial de l’OGM et de ses produits empoisonnés !

 

Au Mexique, le traître président Calderon, a élaboré une loi, soit disant pour la protection des semences, mais cette pseudo loi est dictée par  Monsanto, dont le but n’est que de favoriser cette multinationale en achetant et brevetant les semences des peuples indiens. Ces lois sont scandaleuses et criminelles pour tous les peuples du monde. Elles attentent à la souveraineté alimentaire et nous soumettent à la dépendance des multinationales, qui fixent les prix des aliments " empoisonnés " que nous devrons payer sans autre choix.

 

Il y a aussi le problème des centrales nucléaires qui se construisent dans le monde, les expérimentations, les essais dans les océans, où les décharges de résidus nucléaires, qu’ils entreposent dans les déserts. Le président des Etats Unis et le gouverneur au nord du Mexique se sont mis d’accord pour installer une décharge dans le désert au nord du Mexique, sans tenir compte de la biodiversité existante. Face à cette situation, les peuples indiens, les nations et les tribus qui sont adhérents à la 6ème déclaration de la forêt Lacandone, les Zapatistes, et d’autres organisations, des jeunes, des travailleurs, des artistes, des hommes et des femmes humanistes, nous luttons pour un nouveau projet des nations, pour une nouvelle constitution, pour un projet de vie, et non de mort.

 

C’est cela que je voulais partager avec vous, c’est de cela que nous avons parlé avec les différents collectifs et organisations que l’on a pu rencontré ici en France. Pour que l’on puisse construire ensemble un autre monde pour tous, pour que la planète Terre continue d’exister, pour que la Terre Mère continue d’exister, pour que la vie continue d’exister, les poissons, la nature et toutes les espèces qui la peuplent, en respectant toutes les formes de lutte et d’organisations. Nous devons faire l’effort de rassembler nos cœurs, pour unir nos paroles, construire un accord, un projet pour un nouveau monde, pour l’humanité contre le néo libéralisme et rejeter le capitalisme à outrance, s’en débarrasser pour qu’il n’attente plus à la vie, à la nature……pour que l’avenir des enfants, des jeunes, des femmes et des hommes soit un futur du bien être, de santé, du respect, de démocratie, de liberté et de justice…..et pour les peuples et tribus du Mexique, que les lois du Président Felipe Calderon, restent lettre morte, c’est ce qu’ont souhaité et déclaré les peuples d’Amérique dans leurs différentes réunions et sessions dont la première avait lieu à Vicam, état de Sonora. Pour les indiens, tribus et peuples du Mexique, la loi suprême reste les accords de San Andrés.

 

 

Merci

(Sylvain) : Nous passons maintenant de la grande île de la Tortue aux Etats Unis, au sud du Chili , avec une représentante qui vient du territoire Mapuche, je laisse donc la parole à Sylvia

SILVIA ANCAN
(Mapuche du CHILI)

Professeur mapuche et membre de l'organisation de professeurs mapuche Kimeltuchefe,
elle lutte pour les droits éducatifs, linguistique et culturels de son peuple.
Elle a été l'objet de persécutions et de discriminations de la
part de l'institution catholique qui l'employait, pour avoir voulu faire
valoir au sein de l'école où elle enseignait les valeurs et la culture mapuche.
Elle développe aujourd'hui un projet d'éducation
mapuche autonome dans les communautés Lafkenche du lac Budi.

 

Je vous salue tous chaleureusement ! je suis contente d’être ici, à cette même table, partenaires dans les mêmes luttes. J’ai été aussi invitée au forum social Européen en Suède à Malmö, avec le chef traditionnel " Lonko " Pascual Pichun qui n’a, malheureusement, pas pu sortir du pays.

 

Je suis professeur d’éducation Mapuche, depuis 16 ans. Nous avons une école et une radio communautaire. Nous voulons récupérer nos terres, nous pensons que nous, peuples indigènes nous avons beaucoup à faire et à donner.

 

Nous devons utiliser tous les moyens de communication à notre disposition comme les écoles, la radio…. Nous pensons que nous, indigènes, devons retourner travailler sur nos territoires. Nous pouvons apporter sur ces territoires, notre connaissance et notre savoir, sans que l’Etat nous dicte notre conduite, sans qu’il soit uniquement le seul à décider. Nous sommes responsables de l’éducation de nos enfants , puisque l’école traditionnelle chilienne ignore notre histoire.

 

Il est donc de notre responsabilité d’étudier à l’université, et de revenir dans la communauté sur notre territoire, pour que toute notre cosmovision ne se perde pas ! Nous devons être nous mêmes les promoteurs, et donner un statut à notre langue.

 

Nous avons une méthode pour enseigner à nos enfants. C’est ce qui nous permet de nous rétroalimenter comme Mapuche, comme personne. Si l’on ne nous permet pas cela, nous perdrons notre identité. C’est pourquoi nous tentons de récupérer notre territoire des mains d’étrangers qui ne la considèrent que comme un bien matériel, car sans terre nous ne sommes rien. Nous l’aimons comme la Terre Mère , nous Mapuche, nous pensons que nous faisons partie de la terre, et c’est pour cette raison que nous la défendons.

 

Nous somme opprimés car l’état Chilien voit nos revendications comme un danger pour sa légitimité : actions dans nos écoles, radio communautaire….Il refuse la restitution de notre territoire en nous taxant de " terroristes ". Beaucoup ont été jetés arbitrairement en prison pour ces raisons, mais nous ne reculerons pas…..après 500 ans de lutte, ce n’est pas maintenant que nous allons faire un pas en arrière ! Nous, peuple autochtone, nous pensons que nos structures millénaires, politiques, sociales, économiques et culturelles, nous ont permis de nous développer de façon autonome.

 

Cependant, nous dépendons encore des autres, c’est pourquoi nous redynamisons notre culture et notre langue, via notre école.

 

C’est aussi une expérience personnelle pour moi. Je travaille dans une école dépendante d’une église catholique. J’ai été persécutée, cela fait maintenant deux ans que je ne peux plus exercer ma profession. J’ai donc perpétué mon action sur le plan social avec mon peuple, et en parlant de notre histoire comme ici avec vous. Nous pensons que nous, Mapuche, avons le devoir de révéler la vérité. Nous ne sommes pas des terroristes, nous voulons seulement défendre cette terre à laquelle nous appartenons. Nous sommes Mapuche, " Mapu " (terre), " Che " (gens), nous sommes donc les gens de la terre, nous en faisons partie .

 

Que veulent les grandes entreprises ? exploiter la terre alors que pendant de nombreuses années, nous avons essayé de maintenir l’équilibre de la nature, la montagne, les plaines et la mer, d’où le conflit qui nous oppose. C’est notre réalité. Je lance donc un appel, à toutes les personnes qui nous écoutent, qu’elles n’oublient pas que les peuples indigènes existent. Nous avons maintenu ces terres libres de toute pollution. Nous l’aimons pas seulement pour ses ressources naturelles, mais pour vivre avec elle de façon harmonieuse, ce qui est de moins en moins le cas aujourd’hui, dans l’humanité. Insuffisamment de personnes sont conscientes du réchauffement planétaire, trop peu tirent la sonnette d’alarme pour la protection de l’environnement. Nous protégeons, la terre, l’air, nous nous somme redevables mutuellement. J’appelle tous les peuples indigènes à soutenir nos actions.

Notre école communautaire existe depuis 3 ans, ce n’est pas une grande école, mais nous sommes actifs malgré notre manque de ressources. Parfois notre radio n’émet plus, car nous n’avons plus les moyens payer l’électricité, aussi nous essayons, autant que faire se peut, d’être le plus autonome possible, nous devons continuer dans cette voie……la récupération de notre terre nous aidera à y parvenir !

 

Merci beaucoup de m’avoir écouté !

FELIX TIOUKA
(Kalin'a de GUYANE)

Il est à l'origine du renouveau amérindien en Guyane.
Cofondateur en 1981 de l'Association des Amérindiens de Guyane
Française (AAGF), puis de fédération des Organisations Amérindiennes
de Guyanne (FOAG), il est actuellement 1er adjoint a maire
de la commune d'Awala-Yalimapo et membre du
Groupe de travail sur la langue et la culture Kali'na.

La question des territoires est particulière en Guyane, aussi il me semble important d’expliquer son fonctionnement et de parler du mode de vie de sa population autochtone. La Guyane est un département créé en 1945, constituée de 22 communes, d’aires protégés, d’un parc national qui couvre la moitié du territoire, d’un parc régional qui couvre l’ouest et l’est. C’est aussi une population de 200 mille habitants et un lieu de rencontres, où cohabitent environ 25 nationalités différentes. La Guyane est aussi un pays qui attire de nombreuses populations qui viennent notamment de Haïti, du Surinam, du Brésil et des pays latins.

 

C’est en cela qu’aujourd’hui, la question des peuples autochtones, et particulièrement des communautés amérindiennes, se pose dans de manière complexe.

 

6 communautés amérindiennes composent la Guyane : sur le littoral, les " Palikurs ", les " Arawak ", les " Teko ", à l’intérieur du pays, les " Wayana ", les " Wayampi " et les "Kali’na ". On estime aujourd’hui la population amérindienne à environ 10% de la population Guyanaise.

 

Durant ces dernières années, un processus d’affirmation identitaire s’est développé. Il est né dans les années 80, avec la création d’une première association des amérindiens de Guyane, qui a poursuivi un travail conséquent sur le terrain jusqu’en 1992, où celle ci s’est transformée en fédération (fédération des organisations amérindiennes de Guyane : FOAG).

 

A travers la FOAG, les associations membres ont développé des relations internationales, qui leur ont permis d’intégrer des groupes de travail, afin de sensibiliser l’Etat Français, sur la question des peuples autochtones, et de développer des relations avec d’autres pays comme la Nouvelle-Calédonie, leurs situations étant similaires. Les évolutions statutaires et institutionnelles ont nécessité des modifications considérables de l’organisation administrative du gouvernement Français. Il est donc intéressant d’en tenir compte dans la lecture que l’on peut faire aujourd’hui sur ces différentes situations.

 

A l’intérieur de la Guyane, deux modes de représentation coexistent aujourd’hui. L’une existe à travers les autorités coutumières qui sont les représentants légaux des communautés, ce que l’on appelle communément la base. Une deuxième forme de représentation est née en 1969. Sachez qu’avant cette année, les populations amérindiennes n’étaient pas françaises, donc la loi de francisation à la fin de l’année 69 a fait des amérindiens, des français à part entière, avec une obligation militaire et une langue officielle, le français. Depuis, cette nouvelle représentation de l’état a désorganisé les communautés.

 

La notion de territoire devient un enjeu considérable, puisqu’elle s’exprime à 2 niveaux, à travers une représentation, je dirais, proprement liée à l’organisation socio-économique et socio-culturelle des populations. Elle est aussi liée aujourd’hui à nos représentations administratives du territoire. En 1969, l’état à décidé de développer et moderniser la commune de kamopi. Sachez donc , et je le dis très clairement pour ceux qui pensent que les communes amérindiennes existent, que c’est pure spéculation, et je ne pense pas qu’elles existeront un jour. Il faut donc évacuer cette idée. Nous avons la gestion administrative de notre territoire " wayana-wayampu ", mais quotidiennement, nous nous heurtons à l’exercice à la fois du droit coutumier et du droit administratif. Cette confrontation est nécessaire, elle nous grandit dans notre mode de pensée et notre organisation Elle nécessite une nouvelle forme d’expérimentation, une nouvelle forme de gouvernance territoriale, qui s’appuie à la fois sur une gestion, non pas ancestrale, mais sur le fondement même du territoire sur lequel vivent ces communautés, dont il est nécessaire de prendre l’évolution en considération, et même l’évolution du pays dans son ensemble.

 

La Guyane, comme je vous le disais, ce n’est pas uniquement les amérindiens. Certes, se sont les premiers peuples, mais d’autres sont venus, ont décidé d’y vivre, d’autres encore s’y installeront, et quelque part nous sommes condamnés à coexister ensemble sur ce territoire.

 

Cette volonté de vivre ensemble nécessite des adaptations, mais aussi des nouvelles règles d’organisation territoriale, rappelons par exemple que la gestion du foncier dans les communautés amérindiennes, se fait sur la règle collective, alors que le système administratif, dans ce domaine, est basé sur l’individualité. Ces enjeux aujourd’hui, pour nous, constituent véritablement, notre préoccupation. La modification des règles territoriales, nous préoccupe à 2 niveaux : le premier est de reconsidérer la notion même du territoire, à partir de son existence et de son fondement même. Le deuxième, c’est de prendre en considération les évolutions nécessaires à l’émancipation, à la prise de conscience des peuples autochtones dans leur ensemble, puisque nous considérons que ce territoire vit dans une évolution à l’échelle d’un pays, mais aussi à l’échelle d’un continent, n’oublions pas non plus que la Guyane est reliée à l’Amazonie. Les communautés amérindiennes, d’une manière générale aujourd’hui, que se soit " Teko ", " Palikur " ou " Kali’na ", sont quelque part aux croisées d’une recherche identitaire. En même temps cette recherche, renforce les liens de solidarité, des liens qui ont fait que dans le passé, la continuité culturelle qui fondait les grandes nations existait. Rappelons par exemple que les " Kali’na " sont à la fois au Venezuela, au Surinam, au Guyana, en Guyane et au Brésil. Vous savez que ce sont les frontières qui ont fait que ces identités se sont séparées, Aujourd’hui, la nécessité de se retrouver est devenue une urgence. Dans cette recherche d’identité, elle est étroitement liée à la notion du territoire. Evidemment dans les états nations, il n’est pas absurde d’imaginer que cette frontière ne sera que culturelle aujourd’hui, du fait que chaque état nation dispose de sa souveraineté.

 

Cette constitution d’identité territoriale aujourd’hui change, parce qu’elle s’inscrit, de part la citoyenneté, vers d’autres horizons. Ainsi, tout en restant " Kali’na ", je suis français, et tout en restant français, je demeure européen, aussi à travers cette nouvelle situation, de nouveaux regards, de nouvelles perspectives, émergent. Des relations se sont créées avec la Finlande, où des peuples autochtones développent des modèles de gestion et de gouvernance. Certes, peut être pas avec les mêmes modes de fonctionnement, les mêmes règles, mais cette démarche d’aller vers l’autre, nous paraît intéressante, pour se retrouver à travers des liens forts, des traits d’union, à travers des passerelles culturelles très profondes, bien qu’éloignées. Ces identités contribuent aujourd’hui à façonner, la façon d’appréhender les territoires. La réflexion que nous menons aujourd’hui, sur la question du territoire nous paraît primordiale. En Guyane, elle sera posée différemment, elle contribue a élever la conscience culturelle, sociale, économique des populations amérindiennes. Malheureusement deux niveaux de conscience existent, ils nous appartient en tant que peuple autochtone, d’accompagner, de soutenir, d’appuyer ceux qui n’ont pas les moyens de pouvoir faire entendre leur voix.

 

Je ne me présente pas cependant comme un porte parole, mais comme un observateur attentif depuis de nombreuses années de la situation. Il est vrai que lorsque l’on observe la " mondialisation " des communautés amérindiens, il y a de quoi d’inquiéter. Parce que ces communautés se retrouveront peut être dans 15 ou 20 ans sans territoire, donc sans identité et sans âme. C’est une préoccupation majeure de tous les responsables qui ont en charge directe les gestions de ces territoires, cela préfigure d’anticiper les évènements. Cette anticipation, nécessite de notre part, un dialogue permanent avec les grandes collectivités, sur les régions et le département. Pour les communautés amérindiennes, est ce une absence ou un mépris des grandes collectivités de ne pas reconnaître une composante de la communauté Guyanaise ? pour la petite histoire, en 1995, la commune dans laquelle nous sommes, à intégré le parc régional. Nous nous sommes efforcés dans la charte du parc, d’introduire cette nouvelle dimension. La charte reconnait aujourd’hui, la présence des communautés d’habitants, des autorités coutumières, les membres du conseil d’administration ont un droit décisionnel dans le choix politique des valorisations, et de préservation de leur patrimoine. Pour nous, tout en restant vigilent sur la question du territoire, il nous paraît intéressant de rechercher des alternatives, des outils de réadaptation, de recomposition, de se reconstruire une vision, une nouvelles conception, pour permettre aux jeunes qui sont là, qui nous regardent, qu’ils exigent une qualité de vie, d’éducation, sociale, de réussite, un engagement fort de notre part, afin qu’ils puissent jouir de leur territoire auquel ils sont profondément attachés. Ces deux stades communs, que l’on essaye de développer entre les communautés amérindiennes, sont fondamentaux pour nous, c’est la clé aujourd’hui de notre ligne de travail. De nouvelles collaborations sont mises en place, pour que le territoire à la fois, je dirai communautaire, puisse être compris comme un territoire d’avenir, tout en restant conscient au delà de ce territoire, qu’il ne faut jamais oublier que la Guyane appartient à 90% à l’état. Nous nous trouvons donc dans une situation où il faudra se battre, reconstruire, redialoguer, pour que la reconnaissance du territoire soit prise en considération. La Guyane mérite une attention particulière aujourd’hui, car au delà de l’enjeu spatial, il existe aussi des hommes. Il y a deux Guyane (littoral et intérieur) et les populations amérindiennes souffrent, de ne pas être écoutées, j’ose espérer qu’aujourd’hui, vous puissiez, ne serait ce que moralement, être à notre écoute et transmettre le message, car elles le méritent. Avec davantage d’attention, les choses pourraient avancer. Malheureusement, la France est ce qu’elle est, indivisible, unique, on nous rappelle souvent que nous sommes français, que l’on ne peut être " Kali’na " et français, que nous n’avons pas le choix, et qu’il nous faut l’assumer.

 

Merci

KARI ANN COWAN-PELTIER
(Anishinabe Lakota, LPDOC)

 

 

 

J’aimerai tout d’abord remercier Edith et Sylvain d’avoir organisé cette conférence et de tous leurs efforts. Mon nom est Kari ANN, je suis d’origine Anishinabe – Ojibway et je vous remercie de me recevoir ici.

 

 

J’aimerais vous remercier de vous soucier du cas de mon oncle, Léonard PELTIER, incarcéré depuis plus de 32 ans sur la base de preuves factices. Pine Ridge était à cette époque dans les années 70, en état de guerre et Léonard a combattu pour nos droits, et continuera à le faire pour défendre la liberté.

 

Mon oncle ne veut pas mourir en prison, il veut le faire savoir. Bien que Léonard soit privé de sa liberté, il n’a jamais cessé de s’investir, même derrière les barreaux, en mettant en place différents programmes d’éducation pour les autochtones sur Pine Ridge, en organisant des distributions de jouets pour les familles les plus pauvres sur la réserve.

 

A l’heure actuelle, il est incarcéré en Pennsylvanie, dans un pénitencier avec des cellules d’isolement. Il sera bientôt transféré dans une autre prison, mais nous ne savons pas laquelle.

 

La réserve de " Turtle mountain " dont il est originaire, a déposé une demande officielle de libération immédiate, pour qu’il soit transféré sur sa réserve et qu’il puisse vivre en paix auprès des siens. C’est son droit le plus légitime de vouloir retourner vivre auprès de sa nation. Toute souveraineté devrait être reconnue équitablement à chaque peuple. J’aimerais aussi remercier toutes les personnes qui depuis tant d’années lui ont envoyé lettres, cadeaux, et lui ont consacré du temps. Je voudrais conclure mon intervention en lisant un message qu’il vient juste de me faire parvenir dans la nuit :

 

(Léonard PELTIER) : " Salut à vous tous, mes frères et sœurs du monde entier. Je suis désolé de ne pouvoir être avec vous aujourd’hui, je suis profondément honoré cependant de pouvoir vous parler aujourd’hui, même si c’est au travers de quelqu’un d’autre. Tout d’abord je voudrais vous féliciter pour la détermination que vous mettez à faire avancer les droits des peuples autochtones dans le monde entier. La prison est, je pourrai dire, propice à la réflexion personnelle comme j’imagine toute forme d’isolement, et j’en suis venu à penser que ma relation avec le créateur, avec ma famille, la terre, avec mes frères et sœurs autochtones sont les choses les plus importantes pour moi. J’essaye de rester informé comme je peux de l’actualité dans le monde. Je sais que beaucoup d’entre vous, dans vos pays respectifs sont persécutés, expulsés de leurs foyers, exploités, dépossédés de leurs ressources, je sais que souvent des membres de votre peuple sont tués, parce que des multinationales veulent mettre la main sur les ressources de votre terre.

Sachez que j’ai bien conscience que nous avons un ennemi commun, il présente de multiples visages, il parle différentes langues, porte des uniformes différents, sa motivation est toujours la même, avide d’argent, de richesses, voulant s’accaparer toujours plus de territoires au delà de toute logique rationnelle. Je ne connais pas la réponse à ce problème, celle qui nous permette de survivre, je suis sûr qu’il en existe plusieurs…..mais ce que je crois sincèrement, c’est que quelque soit cette réponse nous en sommes la clé.

 

Et par tous les moyens possible nous devons devenir plus fort, nous devons aider nos enfants à devenir forts, nous devons renforcer notre foie et notre connexion avec le créateur.

 

Nous devons apprendre à utiliser les outils d’aujourd’hui, pour nous protéger des défis et du péril que leur avidité présente pour l’avenir. Nous devons sans relâche éduquer nos enfants, leur enseigner à ne pas devenir comme l’ennemi, à respecter la Terre Mère, le créateur et l’humanité toute entière, tout en maintenant la vigilance pour assurer la défense de nos terres et de nos ressources.

 

Quelqu’un à dit que la plus grande bataille que devait mener un guerrier c’était celle contre lui même, nous devons évoluer tout d’abord et développer l’autodiscipline, le respect de nous mêmes dans nos propres communautés.

 

Tant de fois, j’en ai vu, parmi notre peuple, se détruire eux mêmes, à l’intérieur de leur propre organisation, avant même d’avoir pu commencer à se battre contre l’ennemi. Par ces paroles j’espère n’avoir offensé personne, j’essaye d’être tout simplement honnête, vis à vis de ce défi significatif auquel nous sommes confrontés. Nous ne pouvons pas exiger nos droits, le respect, notre liberté tant que nous ne sommes pas nous même dans une position de force. Une des manières pour nous de renforcer notre pouvoir, c’est de continuellement former des alliances, solidifier nos réseaux comme vous le faites aujourd’hui. De la même façon, nous devons chercher absolument à faire connaître au monde nos traditions autochtones celles qui nous ont permis de survivre, expliquer que la plus grande force du créateur, c’est ce lien que nous avons avec la Terre Mère, enseigner et partager avec les autres ce lien universel aussi puissant que toutes les nouvelles technologies, afin de vivre en harmonie.

 

C’est peut être dans cette forme de vision, que nous trouverons une manière de combattre nos ennemis en n’en faisant nos amis. En attendant, mon cœur, mon amour va vers vous, mes pensées et mes prières sont avec vous.

 

J’aimerai remercier spécialement de tout mon cœur le CSIA, les organisateurs de cet événement, pour l’occasion qui m’a été de m’adresser à vous ce soir.

 

Votre frère, dans l’esprit de " Crazy Horse ",

 

Léonard PELTIER "

POUR INFO : Début décembre ou vers janvier Léonard PELTIER
devra passer devant le bureau des libérations conditionnelles fédérale.
Demande arbitrairement rejeter en 1993


Présence dans la salle de José MORALES (représentant MAYA) qui a soutenu Léonard PELTIER lors de marche et courses et qui a porté la voix des Mayas aux Nations Unis.

 

(Edith) : Esperanza est journaliste photographe colombienne, réfugiée politique au Canada depuis plusieurs années. Travaillant avec les médias et Kenneth DEER, c’est par l’intermédiaire de la délégation Mohawk, qu’eut lieu notre rencontre. Elle a appris l’anglais et le français, c’est pourquoi elle souhaiterait témoigner dans notre langue sur -ce sont ses propres termes- le génocide des peuples autochtones en Colombie.

LES EXPOSITIONS PHOTOS DE LA JOURNEE

 « IGUALES PORQUE SOMOS DIFERENTS"
Exposition par Eduardo Inclan

 exposition : « sur Pine  Ridge »
par Sophie Gerbaud

 « En suivant la trace du mythe des 84 communautés
indigènes en Colombie
 »
Par Esperanza Sanchez Espitia.

 

ESPERANZA SANCHEZ ESPITIA
(Colombie)

 

Bonjour

 

Je suis très contente de pouvoir m’adresser à vous en français. Le plus important est déjà de tous vous remercier de votre présence. Je suis convaincue que seules, les campagnes de sensibilisation, auprès de personnes comme vous, capables de partager, nous permettront de lutter contre les injustices.

 

En Colombie, nous avons 84 communautés autochtones, parlant 64 langues différentes. La situation critique de notre pays est connue partout, à cause de la guérilla et des para militaires. Il est difficile de reconnaître que dans la communauté indigène, personne n’ose parler. Même au gouvernement, ils sont une minorité à dénoncer les problèmes, c’est le côté sombre de la Colombie, celle qui a refusé de signer la déclaration des peuples autochtones, acte, à mon sens, discriminatoire !

 

Aujourd’hui, mon souhait serait de voir les peuples autochtones Colombiens, sortir du pays pour informer la communauté internationale sur leur conditions de vie, peu d’informations existent à ce sujet.

 

Je vois qu’ici, la solidarité est réelle. C’est la raison pour laquelle, j’ai rassemblé tout mon courage pour venir vous parler. J’ai exposé mes photos qui donnent un petit aperçu des 84 communautés, elles montrent toute la beauté, la sagesse, de notre peuple. Aujourd’hui enfin, le réchauffement climatique semble pris en considération. L’exposition montre aussi notre habitat proche de la nature, de la vie, malgré les difficultés : le déboisement, la guerre…... Les indigènes sont les premiers gardiens de la planète, en les protégeant, quelque part, on la protège aussi. Il est important d’en prendre conscience. Les multinationales présentes partout sur le continent Latino Américain, exploitent les ressources minières et pétrolières laissant derrière elles la pauvreté, la prostitution, et la désolation. Il est temps d’agir !

 

Auparavant, devant une situation à risque, les indigènes levaient le camp, mais aujourd’hui, le danger est partout. La défense et le respect de la vie nous touche particulièrement, pas seulement pour nous, humains, mais aussi pour les animaux…. Je voudrais finir par une réflexion d’un indigène : "  La terre est comme un animal : quand un animal est malade, au moment de mourir, son corps est pris de convulsions. Les convulsions de la terre, c’est ce que vous appelez les tremblements de terre, les irruptions volcaniques, les tsunami……..cela s’est déjà produit, comme des prédictions !

 

Merci

HELENE ROUX 
du CSPCL
Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en lutte) 

Situation au Chiapas

 

Le Chiapas est en lutte depuis 1994 : soulèvement des zapatistes et solidarité avec les communautés qui, au fil des années, ont pris le chemin de la construction d’une autonomie sur leur terre et leur territoire.

 

La situation actuelle,

 

Le premier fait marquant : l’occupation et la revendication de 750 mille hectares de terre, pour leur gestion. C’est sur celles-ci que ce sont construits les processus d’autonomie et de résistance des communautés indiennes au Chiapas. Malheureusement, s’ensuivit la répression et une contre occupation par l’armée, mais plus grave encore, des exactions des groupes paramilitaires, chargés des sales besognes et soutenus en coulisse par les autorités mexicaines : massacre d’Acteal en 1998 de 45 personnes, assassinat de 8 personnes encore récemment, la liste serait trop longue. Voilà le vrai visage du gouvernement du Mexique.

Il y a une semaine, une communauté a occupé un site archéologique administré par le gouvernement. Elle estimait qu’il était mal géré par celui ci. La réponse du gouvernement fut d’envoyer un détachement de la police fédérale et de l’état, 40 policiers ont pu être désarmés et 77 armes à feu confisquées. En réaction, une centaine de forces de l’ordre sont venus en renfort, en tirant sur tout ce qui bouge, faisant 2 morts et de nombreux blessés, arrêtant un grand nombre de contestataires, et surtout assassinant arbitrairement, à un barrage de police, 3 personnes qui étaient évacuées en urgence vers un hôpital !

 

Les territoires des communautés indiennes sont constamment menacés et malheureusement en proie à des enjeux, impliquant le tourisme et son implantation, ou des décrets instaurant des réserves protégées, convoitées pour être privatisées par des entreprises Nord américaines, mais également européennes. Actuellement, le climat est extrêmement tendu, à cause de l’expropriation de communautés indiennes installées depuis fort longtemps.

 

Je voudrais terminer en invoquant cette crise financière dont tout le monde parle. La terre, le territoire et les ressources naturelles, seront de plus en plus objet de convoitise pour ces capitaux financiers. L’avenir, ce sont ces ressources naturelles, valeur refuge quand l’argent vient à manquer. Il faut donc réfléchir à des mécanismes de solidarité en rapport avec la construction de l’autonomie, comme le développement durable, la gestion par les peuples premiers et non pas par les entreprises multinationales.

 

Merci

Projection d'un film sur la Bolivie
"humiliés et offensés"

Solange BEHOTEGUY 
de l'ambassade de Bolivie

J’ai toujours envie de pleurer, même en ayant visionné plusieurs fois ce film. Il est révoltant, choquant et irrationnel de voir encore autant de haine et de racisme au 21ème siècle !

Ce " seul " documentaire a été réalisé par un directeur de théâtre. Il n’est certainement pas anodin que ce soit une personne de l’art qui l’ait réalisé, et non un journaliste, car où étaient ils à ce moment précis ? ? ?

Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui en Bolivie, il faut remonter très loin, avant la colonisation. Je vais donc essayer de faire court .

Tous les mouvements sociaux, les revendications, les luttes qui ont menés Evo MORALES à la présidence en 2005, font partie de la mémoire des peuples indiens. Après la colonisation au XVIème siècle vint l’indépendance, une première constitution et une politique de l’état en 1825 n’incluant pas les indiens. Il faut savoir que la Bolivie est un pays qui fait le double de celui de la France, avec 9 millions d’habitants et plus de 60% d’indiens considérés comme des minorités avant l’arrivée d’Evo Morales. Il y eut ensuite une longue période de dictature, un retour à la démocratie, puis une instauration très agressive du néo libéralisme avec des gouvernements qui se succédèrent dont quelques familles se partageaient le pouvoir. Le peuple n’était jamais représenté.

A partir de l’année 2000, alors que les mouvements sociaux (syndicats, femmes au foyer, les comités, les quartiers…) commençaient à se structurer, une petite frange de la population s’est battue pour l’eau. Cette période est un moment clé pour comprendre la situation de la Bolivie . " Nous en avons marre " d’être appelé un " petit pays ", d’être commandé par les Etats Unis, les institutions, la banque mondiale….Ce premier combat a été le déclencheur nous encourageant à poursuivre !

La lutte s’est concrétisée et matérialisée au travers des élections présidentielles de 2002. A la surprise des divers partis politiques, Evo MORALES est arrivé en 2ème position avec 40% de représentants indiens au parlement. C’était la première fois qu’ils pouvaient y siéger, parler et être traduits dans leurs propres langues. En Bolivie, nous avons 34 ethnies, beaucoup de langues différentes et une richesse culturelle importante.

En 2003, retour en arrière : encore une fois malheureusement, devint président, un représentant de cette classe privilégiant d’abord leurs propres intérêts. Des révoltes importantes virent le jour à cette époque, comme " la guerre du gaz " plus particulièrement en février, et octobre : le gouvernement, sous la pression des Etats Unis, et des nombreux intérêts en jeu, voulait " discrètement " exporter du gaz. Je ne vais pas développer cet exemple, je l’utilise juste pour illustrer le mouvement de révolte de 2002, celui-ci ne faisant que s’amplifier. Beaucoup plus grave, le gouvernement a fait massacrer 80 personnes. Aucune condamnation ne fut requise, lors d’une parodie de procès envers le président Gonzalo Sanchez de Lozada….pire, celui ci partit se réfugier à Washington aux Etats-Unis, dans un pays dont les autorités se s ‘opposèrent absolument pas à son accueil !

En 2005 avec les nouvelles élections, Evo MORALES devint le premier président indien avec 54% de votes au 1er tour. Ce fut un événement historique, salué par une grande couverture médiatique de la presse mondiale, relayant les réactions internationales, unanimement séduites par cette image d’un " président indien " . Les choses ont beaucoup changées aujourd’hui, on peut le constater dans la presse française,

La 1ère mesure du Président MORALES fut de nationaliser les hydrocarbures, puis vint la création d’une nouvelle assemblée constitutive, la refonte du pays par la reconnaissance de l’autonomie des indiens, la nationalisation des ressources naturelles, pillées depuis la colonisation par les espagnols, puis les multinationales sous la bienveillance des Etats Unis, au profit d’une dizaine de familles en Bolivie encore propriétaires d’énormes terrains !

La nationalisation se fit rapidement après l’élection, coupant l’herbe sous le pied à une opposition mal organisée. Cette opposition réagit, en revanche, de la pire des manières, lors de la constitution de la nouvelle assemblée, conduisant à un nouveau massacre de 16 personnes, ironie du sort, un certain 11 septembre. Le pouvoir économique est tenu par une minorité, propriétaire des médias, exception faite d’une petite presse alternative malheureusement trop peu influente.

Ensuite se créa toute une alliance " la Média Luna " représentant une partie de l’orient du pays qui comprend les départements de Santa Cruz, Pando et Tarija, quelques comités constitués par les préfets des villes opposantes, des bras armés, des élites, en particulier des jeunes manipulés qui véhiculent le racisme. Les évènements sur le documentaire ont eu lieu dans la ville de " Sucre "

" Sucre " est la capitale historique de la Bolivie, et " La Paz " siège du gouvernement. Dans l’histoire du pays, " Sucre " a plusieurs fois revendiqué son souhait d’être l’unique et seule capitale, sans toutefois y croire vraiment. Il est vrai que la capitale historique n’a pas non plus vocation à devenir également capitale administrative.

Je suis perplexe devant les évènements tragiques récents…..beaucoup de choses changent actuellement en Bolivie, ceci expliquant peut être cela, les indiens se font humilier simplement par qu’ils SONT indiens. Une personne se revendiquant du " MAS ", est automatiquement " suspecte ", le " MAS " étant le mouvement créé par le peuple et tendant au socialisme, celui qui a conduit Evo MORALES à la présidence. Le groupe minoritaire fasciste existant, ne supporte pas d’être gouverné par un indien, de perdre son argent, les terres, il ne supporte pas davantage, que la nouvelle constitution inclue les indiens, décision à leurs yeux " anti naturelle ". La violence est donc terrible comme vous avez pu le constater. Nous essayons d’être positifs et ouverts au dialogue, mais ces gens ne veulent rien savoir, seul le pouvoir et le mercantilisme les intéresse !

Merci

 

(sylvain)
Merci Solange pour cette intervention, on voit qu’il y a encore beaucoup de travail pour que la démocratie, la liberté et la justice sociale puissent continuer d’exister. J’espère que la solidarité internationale va se mobiliser pour soutenir le gouvernement d’Evo MORALES.

Un comité de solidarité pour la Bolivie s’est créé : un rassemblement à Paris a déjà eu lieu, il y a quelques semaines, dont le CSIA et " France Amérique latine " faisait partie…. Il est important, si vous voulez aider la Bolivie, de vous mobiliser !

C’est stupéfiant de voir que des changements démocratiques puissent être freinés par une minorité fasciste et raciste.

Encore merci.

Edith 

Je voudrais remercier tout le monde sans oublier personne.

  • MERCI à nos délégués, frères et sœurs amérindiens qui ont accepté notre invitation,
  • A vous, d’être ici, présents avec nous
  • A tous ceux qui travaillent dans l’ombre avec nous depuis tant d’années, cette journée ne pourrait avoir lieu sans leur dévouement
  • Merci au groupe Machka,
  • A Edouardo et Esperanza pour leur exposition de photos vraiment magnifique,
  • Aux techniciens qui ont permis que cette journée ait lieu dans de bonnes conditions,
  • Merci à la ville de Bobigny, à Mme le Maire et la mairie en général……depuis toujours, la municipalité soutient la cause de Léonard PELTIER et nous accueille gratuitement,
  • A Danielle Faure la fondatrice du CSIA,
  • A Héléna d’incomindios une association sœur, avec nous depuis les années 70
  • A nos enfants à tous,
  • A Léonard PELTIER toujours combatif du fond de sa cellule
  • Merci à tous les membres des communautés autochtones qui se battent non seulement pour leur survie mais pour nous tous,
  • Au Ciel, à la Terre, à la création

Après 30 ans, nous avons besoin de changement, d’une sorte de renaissance dans nos propres modes de fonctionnement, et de repartir sur des bases meilleures. Vous imaginez bien que tout ne se passe pas sans conflit, qu’il faut se rassembler, nous ne sommes peut être pas toujours aussi unis que nous devrions l’être.

Rejoignez nous encore plus activement pour continuer dans nos actions

ENCORE MERCI

groupe de musique
MACHKA
recommandé par l'ambassadrice de Bolivie
Luzmila CARPIO, qui n'a pas pu être là ce soir mais qui est de tout coeur avec nous.

 

REPORTAGE DE   

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Mardi 10 Mars 2009Poster un commentaire

 

TERRES EN VUE
Présence autochtone
du 12 au 22 juin 2008
Montreal

Voici la 18ème édition de ce festival qui se tient comme chaque année sur la place Emilie-Gamelin à Montreal.

Des dizaines d’activités se déroulent un peu partout dans la ville.

Chaque année, " Présence autochtone " accueille des artistes et artisans des 1ères nations ,des 3 Amériques, offrant ainsi un programme couvrant le cinéma, la vidéo, ou encore la littérature...







Gilles ROBERGE



Larry BELANGER

 

Cette année, les invités spéciaux sont des artistes Atayals de l’île de Taïwan.

" Taiwan est l’une des terres les plus industrialisées d’Asie. Mais au-delà des gratte-ciels et de la densité urbaine de Taipei, les Atayals, l’une des six ethnies aborigènes de l’île, vivent dans les régions montagneuses du Hualien. "

Nous voici donc le dernier jour, suivez moi à la découverte de ce festival. En restant sur le site, voilà ce que j’ai pu observer.

LA TROUPE DE DANSE ET DE MUSIQUE
ALNÔBAK






DEMONSTRATION DE DANSES DE POW WOW



JINGLE DANCE 

 

La légende veut qu’un sorcier cherchant désespérément une façon de guérir sa petite fille très malade, rêva une nuit d’un esprit vêtu d’une robe à clochettes. Ce dernier conseilla au sorcier de confectionner une robe similaire pour sa petite fille. Il précisa que si l’enfant dansait en portant cette robe, le mal serait chassé. Dès son réveil, le grand-père suivant les instructions de l’esprit, se mit à fabriquer la robe en question. On organisa alors, une danse dans la salle des fêtes. Après avoir dansé 4 fois revêtue de la robe, l’enfant recouvra la santé.

Les robes à clochettes sont fabriquées à la main. On utilise des couvercles de boîtes à tabac auxquels on donne une forme triangulaire. Les centaines de clochettes cousues sur la robe de tissu, de velours ou de cuir produisent un merveilleux tintement à chaque pas de danse.


GRASS DANCE ou danse de la prairie

 

Lors de l’installation d’un camp, les jeunes étaient envoyés en reconnaissance, afin d’exécuter cette danse et " préparer " le terrain en aplanissant l’herbe par leurs pas.


CHICKEN DANCE

Le danseur de " chicken dance " doit imiter au maximum l’animal lors de sa parade amoureuse.



LA DANSE DES CERCEAUX

Avant c'était une danse réservée aux hommes


Pour les amérindiens, le pow wow n’est pas simplement un rassemblement social , c’est l’occasion de rendre hommage aux générations passées, et d’aider à transmettre les valeurs culturelles aux plus jeunes.

 
















REPORTAGE DE   

 

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Jeudi 05 Mars 2009Poster un commentaire

Voici donc en exclusivité

 OKLAHOMA – OCCITANIA
http://oklahoccitania.canalblog.com/


LES FILS DE LA TERRE

 

 

 

Cette fois ci, la Tribu Calumet a planté le décor dans le Tarn-et-Garonne, puisqu’elle est allée à la rencontre d’une association comme on les aime.

 

…qui met un point d’honneur :

  • à établir et développer des échanges culturels avec les peuples autochtones d’Amérique,
  • à faire connaître la culture occitane aux Etats-Unis, et les cultures amérindiennes en France, leur histoire et leur réalité actuelle. 

Elle a su tisser un réseau d’amitié en organisant d’inoubliables rencontres avec diverses nations indiennes des USA et du Canada : Osage, Lakota, Hopi, Navajo, Pawnee, Kansas, Ponca, Cherokee, Creek, Commanche, Chickasaw, Seminole, Apache, Kiowa, Omaha, Seneca, Cayuga, Ottawa, Cree, Montagnais, Crow, Stoney...

 

J’ai seulement passé une journée avec eux, et ce sont des moments inoubliables. Ce qui m’a marqué le plus ?….l’aspect convivial, la chaleur humaine…

Il est très difficile de recréer l’ambiance, le mieux c’est que l’année prochaine, vous vous mobilisiez pour aller y jeter un coup d’œil.

Cette une association est très bien structurée et organisée. Je vais donc vous raconter un peu d’histoire, et vous inviter à me suivre sur le chemin

 

" Tout commence au cours du terrible hiver 1829, des Indiens Osage arrivèrent épuisés à Montauban (Tarn-et-Garonne), terminant une errance qui leur avait fait parcourir pendant plus de deux ans une partie de l’Europe.

" Comment peut-on être Français ? " s’étaient-ils demandés en quittant les rives du Missouri. De la France, ils ne connaissaient que les trappeurs, les commerçants et les missionnaires avec lesquels ils entretenaient, du reste, de très bonnes relations.

Accueillis triomphalement au Havre en juillet 1827, fêtés à Rouen puis à Paris, présentés au roi Charles X, leur fête ne dura pourtant qu’un seul été. Ensuite, ce fut l’abandon et le vagabondage jusqu’à Montauban, où l’évêque Louis Dubourg réunit la somme nécessaire à leur voyage de retour. Ainsi grâce à la générosité des Montalbanais, les Osages revinrent dans leur village et racontèrent leur odyssée. D’une génération à l’autre, ce récit est parvenu jusqu’aux Osages actuels.

Pour en savoir plus sur cette histoire :

http://oklahoccitania.canalblog.com/archives/origine_de_l_association_oklahoma_occitnia/index.html

Toujours est-il qu’en 1989, l’association OKLAHOMA-OCCITANIA retrouva le contact avec la tribu qui adhéra au projet d’échanges culturels. Depuis cette date, des rencontres régulières des Osages en Occitanie et des Occitans en Oklahoma. Une stèle érigée au Jardin des Plantes de Montauban commémore cette amitié retrouvée.

Nous entrons donc aujourd’hui vendredi 16 mai 2008, sur le site du lycée Agricole de Capou. C’est vraiment un échange interculturel qui est à l’honneur. Une Yourte, une tente Berbère, un tipi sous lequel se dirigent évidemment nos pas.






BWABA (Sculpteur du Bukina Faso)


Ivan OZBOLT (OK-OC) - Danette DANIELS (Osage)
Claude BOIVIN (Innu) - Ti'iwan COUCHILI (Guyanne) - Jean-Claude DROUILHET (Fondateur d' OK-OC) - Michel MONESMA (OK- OC)

Ici, nous sommes accueillis par Danette DANIELS de la nation Osage, enseignante et coordinatrice du programme d'enseignement de l’Osage pour Fairfax en Oklahoma.

  • Elle a étudié à l'université de l'Etat d'Oklahoma, où elle a obtenu un Master en 1989. Depuis cette époque, elle a travaillé avec les enfants et les familles, fait partie du comité des danses traditionnelles de Grayhorse avec quatre gardiens du tambour, en tant que responsable du groupe de chanteuses traditionnelles.
  • En 2006, il lui a été demandé de devenir choriste dans le comité de Pawhuska.

….Au fil de la matinée, les classes s’y succèdent afin d’y découvrir l’exposition, et établir un dialogue avec Danette.

 Afin de se mettre tout de suite dans l’ambiance et de planter les couleurs :

  • HUN KAH SKE NE KA, NE KA AH KAH HUN KAH
  • La terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre.
  • Es pas la tèrra qu’es de l’ôme, es l’ôme qu’es de la tèrra.
  • The earth does not belong to man, man belongs to the earth. 

Qui était les Osages : http://oklahoccitania.canalblog.com/archives/histoire_de_la_tribu_osage/index.html

LES OSAGES AUJOURD’HUI

 

 

 

 

 

Environ 10000 Osages vivent dispersés entre plusieurs Etats, principalement l’Oklahoma sur une réserve 2 fois plus grande que le Tarn-et-Garonne.

 

La capitale Pawhuska est le siège des 2 conseils tribaux et nationaux.

 

Comme les autres Américains, les Osages vivent maintenant dans des maisons, le plus souvent en bois, mais très confortables et quelquefois dans des mobile homes.

 

Chaque année en juin, pendant 3 semaines, les danses I-LON-SCHKA réunissent la tribu. Venus parfois de loin, les Osages viennent se ressourcer et retrouver leur identité indienne, en communiquant avec leurs ancêtres. La danse sacrée n’est pas un spectacle, elle est une cérémonie religieuse, une communication avec WA-KON-DAH, le grand esprit, avec la terre notre mère, et tous les êtres auxquels elle a donné naissance, qu’elle porte et qu’elle nourrit toujours.

Les jeunes Osages connaissent école, lycée, coca-cola, télé et jeux vidéos. Ils ne parlent plus la langue Osage, que seuls quelques rares anciens connaissent encore. Mais les Osages n’ont pas oublié leurs coutumes. Régulièrement ils participent avec les autres

 

tribus, en tenue de cérémonie, à des Pow wow où ils pratiquent au son du tambour les danses et les chants traditionnels.

 

Le conseil tribal gère les revenus provenant des ressources minérales. Le Conseil National Osage élabore et exécute les programmes d’éducation, de santé et de développement économique.

 

Un échange constructif a été établi avec les jeunes générations occitanes…..la question suivante a été posé aux élèves :

" Comment perceviez vous les indiens avant de venir parler avec Danette ?

 

" Avec des plumes, comme on voit dans les films, on ne se posait pas la question de savoir s’il y avait des indiens aujourd’hui et comment ils vivaient ! "

 

Un peu plus loin, une " table ronde " nous attend.

Quelques intervenants viennent mettre l’accent sur l’environnement, le respect de la terre, les cultures raisonnées, les traditions et la langue occitane à conserver, comment être en harmonie avec elle, la protéger.

….et pourquoi pas, établir une " Charte " de bonne conduite pour sa préservation, bien faire comprendre que la modernité n’est pas l’apanage du milieu urbain, dans le but d’éviter la désertification des villages par les jeunes.

" ….Les grandes villes devront compter avec nous, le terroir"

 

 

Qu’en est-il des autres pays, la terre a-t-elle une fonction essentielle dans leur vie quotidienne ? Le thème sera donc : "pratiques culturelles liées à la terre".

 

BURKINA FASO

 

Par Désiré YAMEOGO
Sociologue

 

Le Burkina Faso est un

 

pays d’Afrique de l'Ouest. La capitale est Ouagadougou.

Nous avons un taux de fécondité très important : 6,5 enfants par femmes.

Nous perpétuons une tradition orale, une mémoire collective qui se perd de plus en plus. Nous sommes coincés entre tradition et modernité.

La terre a toujours été un lien important et très fort pour nous. Nous la touchons, nous en faisant l’éloge. C’est le début et la fin, nous y retournons à l’heure de notre mort.

Nous la respectons, la valorisons, nous en prenons soin pour les générations futures.

Nous l’exprimons par des danses " fête de l’abondance… ".

 

Les traditions sont encore assez fortes de nos jours, la fille est, par exemple, promise à la naissance et même avant, à une famille. C’est un contrat de mariage. Certaines filles s’en accommodent, d’autres non.

Si un chef de famille vient à mourir, c’est le frère qui devra s’occuper de ses biens matériels, mais il hérite également de l’ensemble de ses épouses. Il a le devoir de protection.

 

Nous avons une ouverture sur le monde, mais nous constatons un flux important vers les villes, les jeunes s’émancipent. Il est très mal vu de rester dans son village toute sa vie alors ils partent du jour au lendemain vers l’aventure. S’ils ne le font pas, on considère qu’ils n’ont pas la capacité de faire face aux difficultés de la vie.

 

Le problème qui se pose maintenant, c’est une très grande concentration de population dans une grande ville, voir 1/10ème. Le gouvernement essaye de trouver des solutions pour désengorger ce flux en rendant plus attractives les autres régions du pays, mais pour le moment rien n’est fait.

 

Cette population rurale transporte avec elle ses traditions, même à l’étranger, sacrifices d’animaux, déplacement des fétiches, les griots (conteurs  typiquement africains)….et malheureusement encore l’excision.

 

Je travaille pour l’UNICEF, et nous luttons, faisons notre possible afin d’arrêter cette tradition, avec des actions de sensibilisation, de prévention, surtout qu’il n’y a pas de fondement réel au niveau de la coutume, à part contrôler la sexualité de la femme et la dominer. Même dans la religion musulmane, il n’y a rien dans le Coran qui stipule cette pratique. Depuis nous avons observé une baisse réelle.

     

  • chez les plus jeunes il y a 28% d’excisées

     

     

  • après 15 ans, 72,5 %

     

On peut donc se rendre compte du progrès.

 

QUESTION

 :

Est ce que les personnes sont venues d’elles mêmes, ou est ce une initiative du gouvernement de les faire venir en ville pour le travail ?

 

Les personnes ont leur propre logique, et voient les opportunités pour une vie meilleure, le travail, la facilité administrative…Quand elles rentrent chez elle, et qu’elles ont réussies, elles véhiculent cette idée. Il est alors facile d’imaginer la suite des choses. Mais malheureusement tous ne réussissent pas.

 

Nous sommes dans la modernité, mais restons traditionnel

 

 

GUYANE
Par Ti ‘iwan COUCHILI
Représentante des peuples
Teko, Wayanna et Wayampi

Itinéraire militant

membre fondateur, puis présidente de l’association KOBUE OLODJU (culture teko) 1990 – 1995

conseillère municipale de la commune de Camopi (Oyapock) 1995 – 1996 (démission)

adjointe au maire de Maripa Soula (Maroni) pour les villages amérindiens du sud de la commune 2001 – 2008

 

Je viens de Guyane et je représente 3 des 6 peuples dont je suis issue : Teko, Wayanna et Wayampi. Nous vivons près des fleuves Ma na et Maroni

Nous sommes très traditionnels, la terre représente tout pour nous. On y trouve 15 couleurs, elle est également la marmite, la poterie, la boisson traditionnelle…. Nous ne pouvons survivre qu’avec elle, et être en harmonie.

 

Le jeune Wayana doit savoir tout faire avant le mariage. Il y a la vannerie, le tissage de hamac par les femmes (tisser ou natter)

La belle-mère emmène sa future belle fille voir comment elle cultive…. si cela ne lui convient pas, elle peut dire à son fils qu’elle ne veut pas qu’il se marie avec elle, car elle ne s’occupera pas bien de lui. Ce sont les parents qui choisissent.

" ….Le "

Maraké " est une des grandes cérémonie Wayana. C’est un moment clé de l’initiation qui règle le passage de l’enfance à l’adulte, avec des chants rituels (les Kalau) qu’on dit hypnotiques. Lors des cérémonies rituelles " Tipiems " les jeunes étaient autrefois soumis à un douloureux rituel. On frôlait la peau du corps de l’initié d’un " Cunana ", une vannerie zoomorphe (en forme d’animal, poisson, oiseau ou animal mythique) ornée de plumes colorées, dont une partie centrale était tissée et de manière à pouvoir y emprisonner des fourmis (Idak) dont la morsure est très douloureuse, ou des guêpes. Les adolescents en cours d’initiation, encouragés par les familles et le chaman, devaient supporter la douleur sans gémir.

Une technique assez proche, consiste à porter l’objet comme une cuirasse immunisante durant plusieurs heures. Après la séance, le porteur était réputé être immunisé contre les blessures par flèche. ….

(d’après le texte du site wikipedia) "

 

Les filles se marient très jeunes vers 12 ans. A partir de 15 ans, vous êtes considérées comme vieilles.

Evidemment, je vous laisse deviner la réaction des jeunes filles de la salle.

Lorsque la femme est enceinte, certains aliments sont interdits par peur des malformations.

Lors de la mort, on se lamente beaucoup.

Tous les souvenirs sont enterrés avec le mort, on ne garde rien.

On se couvre de terre rouge de la tête au pied.

Deux ans après, la famille offre un grand repas aux invités, nous nous remémorons les bons souvenirs, et ainsi se clôture le deuil, afin que la personne puisse refaire sa vie.

Intervention de Désiré YAMEOGO en ce qui concerne les aliments Tabou

Quand il n’y avait pas assez à manger, on disait que certains aliments étaient tabou, que seul le chef de famille pouvait les manger, pour restructurer les richesses.

Autre tabou, il était interdit de chasser un animal qui aurait pu aider le village ou un ancêtre, par respect et en hommage à ce dernier.

FRANCE

Delphine TALBOT
Enseignante – Plasticienne
IUP arts appliqués
" Couleur et Image Design "

 

Je suis dans le métier de l’environnement et de la couleur.

Nous recherchons les techniques oubliés, le savoir faire pour la teinture à base de plantes, et éviter les couleur de synthèse.

 

La terre nous fournit tout ce qui est nécessaire, les traditions ici se perdent. Alors qu’ailleurs dans le monde, il existe encore le travail traditionnel comme au Japon pour les kimonos.

 

Il y a un panel de coloris à base de plantes beaucoup plus important qu’avec la couleur de synthèse. On peut se dire que la couleur " naturelle " tient moins bien, et bien pas du tout, ce sont parfois les plus tenaces.

 

Nous n’observons plus ce qui nous entoure et il faut redécouvrir cette diversité. Comment nommons nous les choses ?…avec le regard !… on s’aperçoit que le blanc n’est pas tout à fait blanc. Il y a 100 mots pour le désigner. C’est une manière de regarder, de filtrer, une ouverture ou une fermeture.

 

Les industries commencent à prendre en compte la coloration par les végétaux, afin d’évite de polluer.

 

Il faut se nourrir de ce qui a pu être oublié, replanter de manière intelligente, ré-insuffler les colorants naturels plutôt que ceux de synthèse.

 

Les rapports avec la terre, la couleur, la pratique… la symbolique mérite que l’on s’y intéresse.


MOSSI (griot du Bukina Faso)

 

Vite, maintenant direction ALBIAS,
à quelques kilomètres de Montauban

 

C’est un très joli petit village où nous devons tous nous retrouver pour une cérémonie, des danses, un repas, des courts métrages…. Accueil par Mr le maire et ses adjoints. Mais pour le moment, nous sommes les premiers, " indian time " oblige ! ! ! !

 

Donc, en attendant, voici quelques explications du pourquoi de notre visite à Albias.

 

Des terres indiennes en Occitanie

Dix communes d’Occitanie ont donné solennellement une petite parcelle de leur territoire à diverses nations indiennes. A l’entrée sud de Montauban, le " rond des Osages " accueille le visiteur avec des symboles indiens.

 

Villes

 :

Albias (82) – Alzen (09) – Beauville (47) – Castelnau Montratier (46) – Cazes Mondenard (82) – Lafrançaise (82) – Lisle sur Tarn (81) – Montauban (82) – Saint Nicolas de la Grave (82) – Sauveterre de Comminges (09)

 


Kevin MUSTUS (Stoney) et Kevin DUST (Crow)
pour connaitre un peu plus Kevin DUST http://boutiquetribucalumet.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1959249

(texte des deux plaques ci-dessous)

En novembre1829

3 indiens d’Amérique de la nation Osage abandonnés en Europe, furent recueillis et réconfortés à Montauban.

En souvenir de cette émouvante histoire et en reconnaissance de l’hospitalité chaleureuse que les Indiens d’Amérique ont toujours réservé à leur visiteurs français.

La commune d’Albias a donné cette parcelle à la tribu PONCA, représentée à Albias le 25 juillet 1992.

Visiteurs, vous êtes ici devant une Terre Indienne. Respectez là comme les Indiens ont respecté notre Terre et on contribué à sa liberté lors du débarquement en Normandie.

" La terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre. "CHEF SEATTLE 1854

L’olivier qui orne cette terre, cet arbre de Paix a été planté en 1989 par les enfants de la commune

ALBIAS 1992

Le vendredi 29 septembre 2006 cette parcelle de terre d’Albias a été dédiée à la tribu STONEY (Assiniboin) de l’Alberta (Canada) représentée par Mr Kevin MUSTUS,
e
n reconnaissance de la chaleureuse hospitalité que les Indiens d’Amérique ont toujours réservé à nos ancêtres navigateurs, voyageurs et trappeurs français.

ALBIAS 2006


OFFRANDE DE TABAC AVANT DE COMMENCER
LA CEREMONIE


Kevin MUSTUS (Stoney) et Kevin DUST (Crow)


Le maire d'ALBIAS Christian TESSEYRE
et le Président d'OK-OC Gérard MASSIP

ALBIAS Le 16 mai 2008

" Printemps Indien 2008 "

Mesdames, Messieurs, bonsoir,

Je suis heureux de vous accueillir ici à Albias devant cet arpent de terre Indienne, concédée depuis quelques années déjà à vos confrères de la tribu " Ponca " puis plus récemment à la tribu " Stoney-Nakota ".

Bienvenue à vous représentantes et représentants des tribus " Téko " de Guyanne Française, " Osages " du Nord de l’Oklahoma, " Innus " du Québec " Stoney Assiniboin " des grandes plaines des USA, et Canada et " Crow du Montana.

Sur cette terre vous êtes ici chez vous.

Comme j’ai l’habitude de le faire remarquer à l’occasion de chaque cérémonie, il a été planté un Olivier, arbre qui symbolise la paix entre les nations, mais aussi entre les peuples.

De plus, autre symbole non moins important, ces pierres de taille sur lesquelles sont gravés Liberté – Egalité – Fraternité, représentent les valeurs de la République Française, valeurs qui doivent être aussi universelles.

Cette année le thème du printemps Indien s’articule sous l’intitulé " Fils de la Terre " toujours dans le même prolongement comme l’avait prononcé le Chef Seattle en 1854 " La terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre. "

Parallèlement à cela, et toujours dans votre ligne de conduite, de vie et de réflexion, vous avez conscience depuis toujours que nous devons nous soumettre à la terre (notre terre nourricière), et non l’inverse.

C’est le concept même du développement durable, dans lequel aujourd’hui, nous sommes tous engagés pourréfléchir à ce que les actions que nous mettons en place, ne compromettent pas l'avenir de demain.

Dans cette réflexion, vous avez plusieurs longueur d’avance sur nous.

Peut être que cette sensibilisation à ce grand problème est lié à votre passé et aux phénomènes de sociétés dont vous avez été victimes il y a plus de deux siècles, mais je persiste à croire que c’est tout de même votre culture.

Dans ce domaine, nous avons beaucoup de travail à accomplir, car il y a encore quelques " dérapages ", mais une prise de conscience générale émerge et tout porte à croire, que la sagesse et le bon sens l’emporteront.

Vous êtes un peuple qui a un passé, une culture, des traditions, des valeurs, du courage et de l’honneur.

Votre courage et votre honneur, vous l’avez prouvé à plusieurs reprises notamment en venant aider la France à retrouver sa liberté lors de la dernière guerre mondiale.

Avant d’en terminer, je tiens à remercier l’ensemble des membres de l’association Oklahoma-Occitania, ou plus simplement OK-OC pour tout le travail effectué pour mener à bien ces rencontres et ces échanges qui permettent de comprendre les différents modes de vie et de traditions d’un continent à l’autre.

C’est toujours un plaisir pour nous de vous recevoir sur notre commune, vous êtes et serez toujours les bienvenus.

Je remercie également toutes les personnes qui ont participé à la mise en place matérielle de cette soirée.

Bonne soirée à toutes et à tous.
(Texte de Christian TESSEYRE maire d'ALBIAS)


Ti'iwan COUCHILI (Guyanne) - Kevin MUSTUS (Stoney)
Kevin DUST (Crow) - Claude BOIVIN (Innu) - Danette DANIELS (Osage)



Kevin DUST (Crow) Ce soir il dansait avec 18 cerceaux
mais il peut aller jusqu'à 50



Kevin MUSTUS (Stoney)




Ils nous ont dit de bien écouter car leurs chants viennent du coeur




Claude BOIVIN (Innu) et
moi votre reportrice Patricia Berline (Présidente de l'association La tribu calumet)




Après un moment de détente, de partage autour d’un repas, nous assistons à quelques projections cinématographiques et interventions pour conclure la soirée.

Un clip vidéo réalisé par les Wayana :

http://fr.youtube.com/watch?v=mNBmsuvKcR4

Ti ‘iwan COUCHILI

Guyane

 

Nous avons fait ce clip afin d’interpeller sur la situation en Guyane. L’orpaillage clandestin avec l’empoisonnement au mercure des rivières et des terres, est un réel problème.

Personne ne nous écoute, la situation de plus en plus difficile, est cause de malformations graves et de problèmes respiratoires sur les enfants…

Merci à vous de m’avoir écouté !

Claude BOIVIN

Innu

 

Je suis un Innu de 51 ans. J’ai connu, dès l’âge de 6 ans, les foyers et familles d’accueil, la rue et tous ces problèmes.

 

Je vois que les problèmes sont les mêmes un peu partout, la terre, la langue, la culture.

Nous avons tout perdu à cause des pensionnats, on nous disait " t’es bon à rien, t’as droit à rien, t’es rien, tu ne dois pas parler ta langue sinon attention à toi…. "

Il m’a fallu longtemps avant de m’aimer, comment voulez vous aimer les autres sans s’aimer soi même ?

J’ai mis 35 ans pour redevenir moi même, pour retrouver mon identité, mes traditions.

Quand on me demande " t’es indien ?" je répondais " pas plus que çà ", car c’était mal vu.

 

A 47 ans, j’ai répondu à une annonce pour du théâtre et à ma grande surprise, Yves SIOUI m’a demandé de faire partie de sa troupe.

" Pourquoi moi ? ", " on a exactement besoin de personnes comme toi, avec tous leurs problèmes, pour l’exprimer sur les planches " pour moi les indiens étaient dans les livres, les méchants qui brûlent les prêtres.

 

Et le théâtre m’a permis d’extérioriser ce que je gardais en moi depuis si longtemps. Tous les interdits sont tombés

 

Je suis maintenant au conseil dans ma communauté, conseiller à la sécurité publique, moi, un gars de la rue. C’est la meilleure chose qui me soit arrivé.

 

J’interviens dans les écoles, je conseille et dis aux jeunes de ne pas baisser les bras, personne n’a le droit de les avillir, il faut avancer sans se poser de questions.

 

Qu’ils soient fiers et heureux, qu’il soient eux-mêmes, peu importe où ils se trouvent

 

Merci

 

Danette DANIELS

Osage

 

Je suis de la tribu de l’Aigle

Je remercie Monsieur le Maire, les gens du village pour leur accueil. J’ai découvert les danses Occitanes.

 

C’est la première fois que je viens en France, et que je rencontre des gens différents comme les tziganes, les africains, des personnes dont j’ignorais complètement l’existence.

 

Beaucoup de jeunes chez nous perdent leurs traditions, leur langue. Notre culture commence à disparaître à cause des pensionnats, les adultes ne peuvent plus transmettre.

 

Mais il y a de l’espoir, j’enseigne à de très jeunes enfants. Les enfants ont le cerveau comme une éponge.

 

Quand je vais rentrer, il va y avoir une grande cérémonie, des danses, des chants. Je suis chanteuse. Il faut garder notre culture pour les autres générations.

 

Merci pour ces moments que je viens de vivre en France. Découvrir les danses Occitanes est une bonne chose, car c’est important de garder sa culture.

 

C’était un séjour très enrichissant, je vous en remercie infiniment !

 

UN PETIT MOT DU PRESIDENT

Gérard MASSIP

 

Quelque part, nous avons tous le même ADN, nous sommes des humains apparentés. Nous sommes ici pour témoigner des difficultés et problèmes de nos semblables, pour les aider et reconnaître leur valeur, leur situation.

Merci à vous d’avoir été présent !

Infos des manifestations et cérémonies de l'association depuis 1990

 

Eté indien 1990 : 43 Osages en Occitanie pendant 3
         semaines présentent leur culture et rencontrent la nôtre.

Eté indien 1992 : 20 délégués représentant 8 nations indiennes
         d’Oklahoma viennent témoigner de 5 siècles de résistance.

Printemps indiens de 1993, 94, 95, 96, 97

Jumelage de Montauban et Pawhuska : en septembre 1999 une
        délégation de 28 citoyens de Pawhuska en Oklahoma – dont 5
        Osages – viennent célébrer et fêter, 10 jours durant, les accords
        qui unissent désormais les deux villes.

Les guerriers de l’Arc-en-Ciel : en mai-juin 2001 des
         représentants des tribus Osage, Hopi, Montagnais, Creek, Navajo
         ont évoqué la prophétie des guerriers de l’Arc-en-Ciel qui prédit
         l’union des Peuples du Monde.

Au nom des la 7ème génération : en mai 2003 des délégués de
         peuples Lakota, Hopi, Kiowa ont appelé à la solidarité
         intergénérationnelle, interculturelle et internationale.

 

REPORTAGE DE   

 

 

 

 

 

 

Printemps Indien

du 8 au 20 mai 2008

à Montauban

Tags associés : Printemps, indien, montauban

J'kaz !
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Jeudi 05 Mars 2009Poster un commentaire

 

Journée Internationale de Solidarité
Des Peuples Indiens
Des Amériques
 

Organisée par le CSIALogo CSIA
Le 13 octobre 2007


1- Henry RED CLOUD (Lakota), 2 - José MORALES (représentant Mayas)
3 - Bobby CASTILLO (Apache - Chicano) 4 - Fabien Le BONNIEC,
5 - Ana MILLALEO (Mapuche - Chili), 6 - Nestor VEGA

" L’inaction est une trahison "

" Il y a pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles "

Toute la journée sera rythmée par les différentes projections de films, et les interventions des membres des premières nations, sans oublier les différents passages aux stands, les petites pauses restauration et le café (Mut Vitz – un café " rebelle et zapatiste " ), pour être tout de suite dans l’ambiance ! 

Je tenais à vous faire partager une réflexion, avant de vous parler de tout ce que j’ai pû retenir de cette soirée très bien organisée comme toujours. Au fil des interventions et des documentaires, j’ai remarqué que la situation des autochtones d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale est une véritable catastrophe, la presse n’en fait jamais allusion. On perpétue encore des massacres, les viols ne sont pas rares, sans parler des cautionnements des pillages afin de confisquer leurs terres ….au 21ème siècle, ce genre d’exactions existe encore ! On médiatise souvent l’Afrique, à juste titre, mais quid des génocides du Guatemala ou du Venezuela…..aujourd’hui, en entendez vous parler ? ? ? ? ? moi, NON.

Alors, sans plus attendre, partons pour un long voyage ! !

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Mexique

Présentation des

"Rencontres des peuples indiens des Amériques"
organisée au Sonora par la nation Yaqui, le Congrès National Indigène et l'EZLN.

 


victor (Mexique), Sylvain Duez-Alesandrini (vice-président-CSIA)


1 - Bobby CASTILLO (Apache-Chicano), Sylvain Duez-Alesandrini (vice-président - CSIA)

 

Un mouvement et un plan de lutte nationale anti-capitaliste sont à l’ordre du jour. Sur tout le territoire Mexicain, des réunions s’organisent pour ouvrir un autre chemin.

Le sous commandant Marcos se rend dans les différentes communautés afin de réveiller les populations.

" …

cela doit servir à se rencontrer, écouter et construire un mouvement qui permette d’installer des forums d’adhésion afin que toutes les organisations, tous les groupes et individus puissent exposer leurs points de vue et leurs revendications. Nous devons construire une cause commune dans laquelle chacun doit pouvoir se reconnaître…" (S-Commandant Marcos)

Icone AmérindienSur la Rencontre des peuples indiens d’Amérique et sur la deuxième étape de l’Autre Campagne dans le centre et le sud du Mexique. Communiqué du CCRI-CG de l’EZLNjeudi 20 septembre 2007.

 

http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=510

Notre terre est riche en minerais et en bois…. Nous voulons la récupérer car c’est celle de nos ancêtres, et non pour le profit. Nous voulons une amélioration des conditions de vie des paysans indiens, alors que nous subissons des menaces et des intimidations…

Diviser pour mieux régner : l’état construit des routes pour séparer les communautés. Tous les " indigènes " du monde souffrent de la même manière. Il y a une guerre contre le capitalisme.

Question

Je ne pense pas. Il faut se rappeler de Wounded Knee en 1973, de la crise d’Oka en 90 où la warrior society a fait plier le gouvernement canadien sur une stratégie militaire….

C’est une lutte politique, mais si nous avons pris les armes, c’est pour nous défendre contre les paramilitaires qui tuent dans les communautés. Ils ont tout pouvoir et ne sont jamais inquiétés.

Nous n’avons pas utilisé les armes depuis 1994, nous sommes des soldats par nécessité, pour qu’à l ‘avenir, nous ne soyons plus obligés d’en arriver à cette extrémité. C’est un processus qui doit déboucher sur d’autres solutions, une alternative au capitalisme pour que les peuples puissent reprendre leurs droits.

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Venezuela

 

 

Ahiry Gonzalez

(Wayùu ou Guarijo du Venezuela) évoquera le combat de son peuple contre l'exploitation du charbon et l'invasion de ses terres, en dénoncant les assassinats dont sa communauté est victime.


Ahiry GONZALEZ (Wayùu ou Guarijo du Venezuela) et ESTEBAN 

 

Tout le monde pense qu’il y a un " socialisme " au Venezuela, ce qui est faux.

En 2001, il y avait 534 816 indigènes et 48 municipalités.

A cause de l’exploitation du charbon, on brûle nos maisons, nous sommes menacés, déportés….

Pour récupérer un port naturel, le gouvernement et les multinationales payent les paramilitaires pour faire le " ménage ". Pour être sûr que les indiens ne reviennent pas, et s’en aillent du secteur, ils ont massacré 20 personnes à la tronçonneuse.

Les femmes et les enfants dans notre culture sont sacrés.

Je suis allée receuillir des témoignages de jeunes qui ont dénoncé ce massacre, mais le gouvernement préfère nier la réalité.

150 Km de la mine au port, 2 fois par jour, 3 trains de 88 wagons, 10000 à 15000 tonnes de charbon, tout le long de la route est militarisé. Il y a eu 25 millions de Tonnes de Charbon de plus que l’an passé.

70 000 hectares étaient occupés par les wayùu, maintenant il ne reste que 35 000 hectares.

Nous sommes là pour défendre ce que nous ont légué nos ancêtres. Nous sommes encore sous la colonisation. On nous tue pour s’approprier nos terres, la détruire ou la donner aux étrangers.

Nous avons le soutien des associations d’autres pays, nous n’avons pas de moyens, et sans elles, nous ne serions pas ici. Ainsi, nous pouvons élever notre voix et dénoncer la barbarie. Il faut nous aider à crier notre désespoir et informer sur ce qui se passe au Venezuela.

Y a t il eu des aides ou des sanctions pour le massacre ?

Très peu d’aide, voire pas du tout.

Il y a une double politique de la part du président Chaves.

La droite est payé par la CIA.

Avez vous des représentants au niveau du gouvernement ?

Nous avons des députés mais ils ne sont que représentatifs, ils travaillent pour le gouvernement et ne représentent pas leurs communautés. Ils ne sont là que par intérêt mercantile, ils ne soutiennent pas les indigènes.

Il existe un collectif avec les écologistes, des informations dans la presse, mais ils reçoivent des menaces, les ethnologues ne sont pas non plus épargnés. Toutes les personnes qui travaillent avec nous, sont fichées.

Nous contestons la journée de célébration du 12 octobre.

Nous dénonçons l’invasion de l’Etat chilien sur nos territoires ancestraux, nous souffrons de persécutions et nos droits fondamentaux sont bafoués. L’ Etat fait passer les Machupe pour des criminels, des terroristes. Plus de 65% de nos frères vivent en milieu urbain. Des lois " spéciales " ont été votées pour nous exproprier. On a effacé notre passé, on vole notre présent, on veut aussi nous refuser notre avenir, on dénie nos racines, notre culture à travers l’éducation, c’est pourquoi nous descendons dans la rue pour revendiquer nos droits.

Nous entamons des grèves de la faim en prison, malgré çà, nous sommes ignorés de la Présidente (Chili), les promesses ne sont pas tenues, nous voulons une reconnaissance, et que vous diffusiez notre message à travers l’information.

Nous avons résisté pendant des siècles et nous continuerons à le faire pour revendiquer nos droits fondamentaux.

http://acultura.org


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Guatemala
 

José MORALES

 

représentant Maya ;

Nous sommes inquiets de ce que l’avenir nous réserve, suite aux élections au Guatemala.

D’un côté, nous avons un industriel de textile centre gauche et de l’autre un général qui a participé au massacre de 268 indigènes perpétré par l’armée en 1982

La gauche et la droite ne signifie rien pour nous.

Evidemment le marché de la guerre est rentable pour certains pays comme les USA, Israël, la France, la Belgique, le Canada …les producteurs d’armes. La CIA arme les guérilleros, tout est profit.

Si vous allez dans les petits villages, vous verrez la pauvreté, mais ils ont la radio, la télé, les téléphones portables…..

Le fléau qui gagne du terrain, est celui de la drogue en provenance de Colombie, mais également le banditisme, les sectes en prolifération qui viennent des USA. Les mines anti personnel en provenance du Canada, prolifèrent dans notre pays. Il y a 6000 morts par an (assassinats), les promesses de voix politiques sont achetées à coups de dollars !

C’est une situation horrible pour nous. Les sociologues francophones affirment que les problèmes sont d’ordre ethnique, que les Mayas sont des renégats. Il faut arrêter d’imaginer : IL N’Y A PAS DE CONFLIT MAYAS.

Il ne faut pas oublier les prédictions de nos anciens, que nous tomberons dans la disgrâce, la maladie, qu’il y aurait des catastrophes naturelles en masse…..

Evo MORALES, président de Bolivie, a réussi à négocier avec les firmes pétrolières et obtenu 83% des bénéfices pour le peuple et 17% pour les exploiteurs.

QUEL FUTUR POUR NOUS ?

Nous vous demandons de porter notre voix au niveau international, d’avertir, d’informer la communauté étrangère, pour l’avenir de notre peuple ! !

 

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Bobby CASTILLO
(Apache-Chicano)

 

J’étais membre de l’AIM, je n’y suis plus pour raisons personnelles. J’ai passé 14 ans en prison, 5 ans comme codétenu de Léonard PELTIER , et je fûs son porte parole.

Je suis venu vous parler de ce que sont les prisons et de ce qui s’y passe, surtout celles qui sont privées, de leur inhumanité. On laisse les enfants des parents incarcérés, dans des cellules. Ils naissent en prison, sont élevés à l'écart jusqu’à l’âge de 5 ans, et "vivent" ensuite l'emprisonnement avec leurs parents.

Il y a de nombreuses plaintes pour violence, pour viol sur des enfants, mais aucune sanction.

Tout est source de profit…….l’incarcération représente une main d’œuvre à bon marché pour des entreprises qui bénéficient du système d’exploitation pour produire encore plus, et ce depuis longtemps, avec la bénédiction de l’administration pénitentiaire complice !

Rappellez-vous aussi tout ce qui a pu se passer avec les pensionnats.

Nous allons évoquer le cas d’Eddie HATCHER 44 ans, INDIEN TUSCARORA
Pasquotank Correctional Institution Prisonnier Politique- Incarcéré à vie

 

Afin d’être plus clair, j’ai préféré prendre des extraits du dossier pour le départ de l’affaire sur le site du CSIA, donc pour plus d’infos, veuillez consulter le lien suivant

 : http://www.csia-nitassinan.org/eddie_hatcher_affaire.htm

" ….

Après un procès qui dure trois semaines, au cours duquel le juge force Eddie à présenter sa défense lui-même, le jury déclare Eddie non coupable de tous les chefs d'accusation et justifié dans ses actions. Six semaines plus tard, Eddie est accusé de nouveau par l'Etat de Caroline du Nord pour les mêmes charges dont il avait été acquitté par la Cour fédérale. Ses avocats sont expulsés du tribunal par le juge et Eddie est encore contraint de présenter sa défense lui-même.
Le 14 février 1990, Eddie est condamné à 18 ans d'emprisonnement, avec possibilité de mise en liberté sur parole en 1992. Comme il est toujours en prison en 1993, le conseil national des Eglises reconnaît Eddie Hatcher comme prisonnier politique. Avec Amnesty International, des personnalités éminentes comprenant des sénateurs, des membres du Congrès et des stars du cinéma réclament la libération d'Eddie.
Eddie passe 7 ans en prison dont il ne sort que le 3 mai 1995 après qu'on lui ait refusé six fois la libération sur parole et révélé qu'il est atteint du sida pour lequel la prison lui refuse tout traitement médical. Il est alors maintenu en liberté conditionnelle pendant encore
deux ans, jusqu'en 1997.
En 1998, après avoir purgé sa liberté sur parole, Eddie revient au Comté de Robeson et, de nouveau, devient très actif sur le plan politique local. Il crée le "Centre Hatcher pour les Droits de l'Homme" pour défendre les droits des gens de couleur, des Amérindiens et des homosexuels, les prisonniers politiques et pour la lutte contre le sida. Il envisage même d'intégrer l'administration municipale.

(texte du CSIA) "

Pour information, Eddie lors de son incarcération, a été poignardé à plusieurs reprises par un détenu qui avait un contrat sur lui. Il a été transféré, transfusé dans le quartier des détenus atteints du sida et contracté le virus.

Il y eut une deuxième affaire après sa libération, pour le meurtre présumé de McMillan, Eddie représentait le coupable parfait….

" Le mobile
L'accusation n'a pu établir de mobile reliant Eddie avec le meurtre. En fait, Eddie est un ami de McMillan et ils ne se sont jamais disputés. "Il n'y avait pas de problème entre nous" affirme Eddie. La mère de Brian elle-même, déclare qu'elle est convaincue qu'Eddie n'a pas tué son fils.
Eddie Hatcher est la seule personne que l'Etat de Caroline du Nord a accusé (ou même soupçonné) du meurtre de Brian McMillan. Ainsi, d'après les "preuves" de l'Etat, Eddie Hatcher conduisait une fourgonnette à cinq vitesses, sur une route de campagne, dans l'obscurité, et tiré en même temps avec deux armes sur une maison située à plus de 60 mètres de son véhicules en mouvement et atteint son ami à la tête dans ces conditions..... On a tiré sur Eddie en novembre 1998 et il a perdu l'usage permanent de son bras droit. Dans ces conditions, comment aurait-il pu réaliser l'exploit de manier deux armes à la fois, dont une extrêmement lourde et puissante?
L'accusation s'appuie aussi sur la description par un témoin du véhicule d'où furent tirés les coups de feu qui ne correspond pas à celui d'Eddie.

Durant l'été 2000, deux nouveaux témoins se sont fait connaître. Une femme déclare qu'elle avait été témoin de la fusillade qui a coûté la vie à McMillan et que la police a refusé plusieurs fois d'enregistrer son témoignage. Un autre témoin déclare que le jour de l'arrestation d'Eddie, il était en prison et qu'on l'a menacé de l'accuser du meurtre et qu'il passerait le reste de sa vie derrière les barreaux s'il ne désignait pas Eddie Hatcher comme étant l'assassin….(texte du CSIA)

Ce que je peux dire, c’est qu’Eddie est un " surhomme " , probablement un des tireurs les plus rapides que je connaisse.

J’ai voulu parler d’Eddie ce soir parce que personne n’en parle. Il ne faut pas oublier tous nos frère et sœurs incarcérés aujourd’hui. La notoriété de Léonard PELTIER, me permet de pouvoir parler également des autres prisonniers. 

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Dakota – Pine Ridge

Henry RED CLOUD – La k ota


Edith (présidente du CSIA), Henry RED CLOUD (Lakota)
José MORALES (représentant Mayas)
En effet, Eddie Hatcher est connu mondialement depuis le 1er février 1988, jour où il occupe les bureaux du journal "The Robesonian" à Lumberton, Caroline du Nord, avec l'intention d'alerter l'opinion publique sur la corruption dans le Comté de Robeson. Eddie demande que le gouvernement enquête sur l'implication des hauts fonctionnaires locaux et fédéraux dans des trafics de drogue importants, sur deux douzaines de meurtres non élucidés dont les victimes sont principalement des Amérindiens et des Africains-Américains, sur le fonctionnement du système judiciaire local et sur la mort suspecte d'un jeune Africain-Américain dans la prison du Comté de Robeson.
L'occupation des bureaux et du journal se termine pacifiquement. Eddie devient alors la première personne poursuivie par le gouvernement fédéral au nom de la loi anti-terroriste de 1984. Pendant la période entre son arrestation et son jugement, sept témoins pressentis pour soutenir les accusations portées par Eddie concernant le trafic de drogue par des éléments du gouvernement sont assassinés ou meurent dans des circonstances suspectes…
 

José MORALES

Ces rencontres ne sont pas là pour essayer de se fondre et de se regrouper en un seul mouvement, mais bien pour s’entraider, faire cohésion, prendre conscience de l’intérêt, voire l’obligation, de la lutte, avec l’appui, cependant, des autres communautés, pour construire un autre monde dans le respect et la préservation de l’environnement.

J’apporte mes salutations à tous du fond de mon cœur et je suis là ici, ce soir avec un nouveau projet. C’est un honneur d’être parmi vous, et avec ceux qui sont là avec dans un esprit de partage, de respect et nous unit les uns aux autres.

Il y a 2 ans, CNN est venu sur la réserve, voir notre action concernant le programme d’énergie renouvelable pour les terres tribales.

Nous allons chez nos frère Arapaho, et toutes les nations, celles qui constituent les 7 feux sacrés, afin de les aider dans la réalisation de projets similaires. 

 

" Programme de Trees, Water & People 

Cet organisme est engagé dans le développement de moyens de préservation durables au sein des communautés. C’est une organisation a but non lucratif basé à Fort Collins qui travaille en partenariat avec les Lakotas depuis 5 ans, les introduisant à l’énergie renouvelable qui réduit considérablement leurs factures et améliore leurs conditions de vie. Richard FOX est le directeur national de TWP et a coordonné une collaboration pour planter des arbres pour qu’ils agissent comme des brises vent pour plus de 185 familles, a installé un système de démonstration solaire électrique et un système de turbine à vent et avec l’aide des chefs Lakota ont géré 22 ateliers à énergie renouvelable. Peut être le plus grand impact de TWP a été de travailler avec les Lakota pour installer plus de 150 chauffages solaires pour des familles dans le besoin.

Tribal Lands Renewable Energy Program (programme d’énergie renouvelable des terres tribales) de TWP est dirigé par Henry RED CLOUD qui est un aîné tribal respecté et le descendant direct du Chef RED CLOUD, un des derniers chefs guerriers Lakota. En 2005, Henry a crée le Lakota Solar Entreprises (LES – Entreprises Solaire Lakota), une des seules compagnies d’énergie solaire dans le pays qui appartiennent à 100% au peuple amérindien. Les chauffages sont assemblés dans les ateliers LES basés dans la réserve et installés par des équipes locales. Ceci permet de maintenir un coût relativement bas, tout en créant des emplois pour les résidents de Pine Ridge……

Chaque chauffage solaire coûte $1 200 à assembler et à installer. Nous avons actuellement reçu un financement partiel pour fournir des chauffages solaires pour 118 familles de Pine Ridge en plus.

Chaque don de $280 que vous ferez à Lakota Solar Entreprises leur permettra de faire l’installation complète d’un chauffage solaire pour une autre famille Lakota.

Depuis la nuit des temps, nous marchons sur la Terre Mère, nous devons rétablir le lien avec notre passé. Nous sommes là dans le 21ème siècle comme vous, le passé est dans nos cœurs, avec nos souffrances.

Ce qui nous aide à préserver nos racines, c’est notre appartenance à un projet de partage, où l’on chemine main dans la main pour le futur de nos enfants. Sur le problème du réchauffement climatique dont nous sommes conscients, il est important pour nous, de ne pas être pour l’histoire, une génération irresponsable. C’est notre devoir vis à vis du grand Esprit, nous devons le faire pour un futur viable et remercions tous les éléments sur Terre (eau, air…). D’une manière ou d’une autre c’est toujours un combat pour nous qui est différent des anciens conflits entre les nations, nous sommes là pour réaliser et entreprendre. C’est un processus de guérison pour nous et la Terre, nous sommes heureux de ce " projet solaire " en accord avec nous mêmes, nos convictions, et j’en ressens une profonde satisfaction.

Changer les choses, c’est se rassembler pour un nouveau départ……. j’aime çà !

Trees, Water & People
Helping communities establish sustainable forests and watersheds
633 Remington Street, Fort Collins, Colorado 80524
Phone (970) 484-3678 Fax (970) 224-1726
Email

 : richard@treeswaterpeople.org
Website : www.treeswaterpeople.org

 

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Bolivie

Luzmila CARPO
ambassadrice de Bolivie en France

TEXTE INTEGRAL DE SON ALLOCUTION
(copié sur la lettre de Nitassinan n°39-CSIA)

Je suis très heureuse de me retrouver parmi vous, entre nous, en cette Journée Internationale de Solidarité avec les Peuples Autochtones.

Plus heureuse encore car nous vivons un moment bien particulier et important pour nous, les peuples autochtones, les peuples originaires de la grande Abya Yala, du continent américain.

C’est un moment très particulier. Nous sommes aujourd’hui face à l’Histoire. A cette Histoire " officielle " à laquelle nous disons : ici nous sommes présents, les peuples indigènes du Monde, et si vous avez bien tenté de nous humilier, vous ne nous avez pas vaincus !

Ces longues années de résistance indigène et populaire n’auront pas été inutiles.

Nos disparus, les innombrables victimes de cette plaie nommée " colonisation ", peuvent, de là où elles se trouvent, les Montagnes Sacrées ou les Constellations de la nuit étoilée, elles peuvent se sentir fières car nous avons mené des luttes et n’avons jamais cédé.

Aujourd’hui, face à l’Histoire, nous disons à ceux qui nous destinaient à un bien sombre destin : vous ne nous avez pas vaincus !

Face à l’Histoire, face aux agressions de plus en plus sanglantes contre notre Mère Terre, nous les peuples autochtones du monde, aujourd’hui plus que jamais nous avons l’audace mais aussi le devoir de lever plus fort encore notre front, pour faire face à l’oppresseur et dire " Basta ! " ; nous avons l’audace et le devoir de faire les pas décisifs face à l’Empire, dans nos objectifs de mettre fin à la colonisation et de retrouver notre dignité, notre souveraineté.

Face à l’Histoire et face à l’oppresseur, dans un fait loin d’être négligeable pour le monde entier, le pays que je représente comme Ambassadrice, la Bolivie, a donné le ton à ce que nous appelons le Pachakutic – le temps du changement, du renouveau – en élisant pour la première fois de son histoire un fils des peuples originaires, un Aymara, un combattant syndical.

Face à plus de cinq siècles d’exclusion et de soumission, les peuples autochtones de Bolivie ont eu le courage et l’audace de lever le front et de faire les premiers pas vers la fin de la colonisation. Car si nous le savons bien tous ici, il n’est jamais inutile de le répéter, la colonisation ne s’est pas arrêtée avec les Indépendances des pays qui constituent notre continent. La colonie a continué sous d’autres formes, sous d’autres habits, son odieux travail. 

En Bolivie nous avons dit " Basta ! " et nous avons pris le chemin de la transformation, une transformation sans armes, une transformation démocratique et culturelle, un chemin tortueux, long, complexe et difficile, plus difficile encore car il a pour mission d’inverser 500 ans d’histoire. Et dans cette odyssée, nous aurons besoin de tous et nous donnerons notre soutien à tous les autres peuples autochtones du monde.

Car le moment historique, notre rencontre avec l’Histoire, ne se limite pas uniquement au fait qu’un pays pour la première fois ait un président indigène et ait constitué un gouvernement intégré par des représentants des peuples indigènes. La Déclaration Universelle des Droits des Peuples Indigènes, récemment proclamée par les Nations Unies, est une autre de nos armes.

Et ces jours-ci, des délégations des peuples autochtones du monde entier se retrouvent en Bolivie pour une " rencontre pour la victoire ".

Souvenez-vous en 1992, quand nous avions démarré la Campagne pour les 500 ans de Résistance Indigène et Populaire, nous voyions si lointain cet horizon qui nous donneraient la possibilité de ne serait-ce que commencer à parler de victoires ! ! !

Frères et sœurs, nous vivons des moments victorieux, mais le chemin est encore long et nos plus grandes victoires sont à venir. Les premiers pas sont faits. Et l’émotion me prend quand, le passé dans mon cœur et le regard vers l’horizon, je constate combien nous avons maintenu le cap que nous nous sommes fixé et que chaque jour nous sommes de plus en plus forts.

La rencontre qui se déroule dans mon pays est une des preuves de notre force, de notre unité, de notre fraternité.

Je voulais terminer enfin en vous transmettant le salut fraternel de mon pays, de mon gouvernement, de nos peuples autochtones.

Merci à nos frères et sœurs de Nitassinan pour organiser année après année cette rencontre. Merci à mes frères d’autres nations qui, à cette occasion, viennent nous rendre visite. Merci à tous ici pour être présents.

Jallalla…(Vive…)

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DECLARATION COMMUNE LUE PAR SYLVAIN DUEZ-ALESANDRINI, du CSIA
(copié sur la lettre de Nitassinan n°39-CSIA)

Dans le cadre de cette Journée Internationale de Solidarité avec les Peuples Indiens des Amériques, des contre-célébrations du Colombus Day à Denver (USA) et des Rencontres des Peuples Indiens des Amériques à Vicam (Mexique), les organisations et représentants autochtones présents à Bobigny, le 13 octobre dernier, ont décidé de rendre publique une déclaration commune. Ce message, envoyé à tous nos partenaires, démontre que la solidarité avec les peuples autochtones se fait dans l’unité.

" AUX PEUPLES AUTOCHTONES DU MONDE ENTIER,
AUX PARTICIPANT(E)S DES " RENCONTRES DES PEUPLES INDIENS D’AMERIQUE ",
CO-ORGANISEES A VICAM PAR LES AUTORITES TRADITIONNELLES YAQUI,
LE CONGRES NATIONAL INDIGENE (CNI)
ET L’ARMEE ZAPATISTE DE LIBERATION NATIONALE (EZLN),
A L’AMERICAN INDIAN MOVEMENT (AIM-COLORADO)
ET A LA COALITION " TRANFORM COLOMBUS DAY ",
A LA SOLIDARITE INTERNATIONALE

Au même moment que les " Rencontres des Peuples Indiens d’Amérique ", organisées à Vicam au Mexique du 11 au 14 octobre 2007, et un mois jour pour jours après la ratification par l’Assemblée Générale de l’ONU de la " Déclaration universelle des droits des peuples autochtones ", plusieurs représentants autochtones (Mapuche du Chili, Aymara et Quechua de Bolivie, Wayùu du Venezuela, Maya K’iché du Guatemala, Apache/Xicano et Lakota des USA, Kaska du Canada) et des organisations solidaires se sont rassemblés en ce jour du 13 octobre 2007, à la salle Pablo Neruda en région parisienne (France). Nous sommes ici pour témoigner en France des 515 ans de résistance des peuples originels des Amériques à la colonisation et à la destruction de leurs terres et territoires.

Nous sommes également réunis pour rendre hommage aux organisations et peuples amérindiens. Rassemblés pour la première fois au siège des Nations Unies en 1977, ils ont choisi la date symbolique du 12 octobre pour célébrer la " Journée Internationale de Solidarité avec les Peuples Indiens des Amériques ", en opposition aux célébrations racistes du " Colombus Day " aux Etats Unis et au " Dia de la Raza " dans plusieurs pays d’Amérique du Sud.

Nous faisons nôtre l’analyse de l’EZLN qui stipule qu’après plus de 500 ans, " la guerre de conquête, de pillage et d’exploitation n’a pas cessé mais au contraire a pris la forme d’une nouvelle guerre d’extermination néo-libérale, qui vise la destruction et la spoliation intégrale des peuples originels d’Amérique ". En réponse à cette menace, venant soit des Etats, soit des multinationales, nous reconnaissons que l’autonomie des communautés, l’autodétermination des peuples indigènes et la résistance pour la défense des terres et territoires paysans et autochtones sont légitimes. Nous apportons notre soutien à tous les migrants et tous les autochtones qui ont été déplacé de force de leurs terres traditionnelles pour des causes économiques ou militaires. Nous réaffirmons que la solidarité est une arme bien plus forte que les armes de guerre des puissants de ce monde.

Nous condamnons avec la plus extrême fermeté les pressions et intimidations exercées par les forces gouvernementales mexicaines sur les participant(e)s des Rencontres à Vicam, empêchant notamment la présence des commandants zapatistes à la rencontre.

Un salut fraternel du vieux continent à nos sœurs et frères qui sont la couleur de la terre 

BOBIGNY, LE 13 OCTOBRE 2007

 

 



Moment solennel, un cadeau de l'Amérique du Nord
à l'Amérique du Sud



groupe de danseurs boliviens

 

REPORTAGE DE   

Représentants autochtones des Amériques participant à cette Journée :

  • Luzmila CARPIO (Aymara-Quechua), Ambassadrice de Bolivie en France – Bolivia
  • Ana MILLALEO (Mapuche) – Chili
  • Ahiry GONZALEZ (Wayùu, membre de La Libertaria et du Caracol Intergalàctico Venezolano) – Venezuela
  • José MORALES (Maya K’iché, représentant du Consejo Tukum Unam) – Guatemala
  • Bobby CASTILLO (Apache/Xicano, membre de l’American Indian Movement – Autonomous Chapters) – Aztlàn
  • Henry RED CLOUD (Oglala Lakota, représentant de Village Earth – Pine Ridge Reservation) – USA

Organisations solidaires :

  • Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan)
  • Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL)
  • Echanges solidaires
  • Association Nueva Generacion
  • Collectif Bolivia
  • Journal El Juguete Rabioso
  • Terre et Liberté pour Arauco
  • Réseau d’Information et de Soutien au Peuple Mapuche (RISPM)
  • Groupe de soutien à Leonard PELTIER (LPSG-France)
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Jeudi 05 Mars 2009Poster un commentaire

CONFERENCE DU 6 NOVEMBRE 2006
PAR


http://www.chamane.org/Pages/quiSommesNous.html

 

Forêt Amazonienne, Equateur. Le peuple indien kichwa de Sarayaku lutte depuis 10 ans pour préserver son territoire de l'exploitation pétrolière. Il a décidé de créer une frontière de fleurs sur le pourtour de son territoire.

 

Sarayaku est une communauté indienne située au cœur de l’Amazonie équatorienne. Environ 1200 habitants y vivent encore aujourd’hui de façon traditionnelle, de chasse, de pêche, d’agriculture et d’élevage. Ils se nomment le peuple KICHWA et sont les voisins d’autres peuples indiens comme les HUARORANIS, les SHUARS, ASHUARS, etc… Le peuple Kichwa de Sarayaku vit sur les berges du fleuve Bobonaza, dans la province de Pastaza. Il gère environ 254.000 hectares de territoires ancestraux dont il a obtenu de l’Etat Equatorien les titres de propriété collective.

Introduction de Corinne Arnould, présidente de l’association Paroles de nature

" Merci d’être là ce soir, cette rencontre n’est pas une conférence en soi, mais la continuité de celle qui a déjà été faite par le passé. L’idée est d’aller plus loin dans notre contact avec les Sarayaku. Nous avons ce soir la présence de José GUALINGA représentant des Affaires internationales du Conseil de gouvernement Sarayaku.

Nous commencerons par vous diffuser un documentaire " Soy el defensor de la selva " réalisé par Eriberto Gualinga, frère de José. De nombreux passages de ce film ont été filmés de façon caché par ériberto à l’insu des militaires qui se sont introduit sur leur territoire.Vous pourrez ensuite poser toutes les questions que vous voulez à José. "

 (Portrait eriberto ) "Soy el defensor de la selva" de Eriberto GUALINGA. Eriberto est un des jeunes frères de José Gualinga. En 2003, 600 militaires et 400 ouvriers débarquent sans prévenir sur le territoire ancestral de Sarayaku, avec hélicoptères, chiens et explosifs, pour mener à bien des explorations sismiques. Les habitants de Sarayaku se soulèvent, revêtent les peintures corporelles de la lutte. Eriberto Gualinga saisit une caméra et filme les évènements de cette année folle. Il en naîtra " Soy Defensor de la Selva ", un film étonnant, lyrique et vibrant d’émotion, un document rare. Il nous plonge au cœur de la forêt, collant à la peau d’un peuple amazonien contemporain. Les femmes d’Amazonie, en particulier, s’y révèlent d’une puissance bouleversante, se dressant sans armes face aux militaires, les invectivant et les subjuguant par le seul pouvoir du verbe. Eriberto Gualinga nous montre le tout dans un apparent désordre et réinvente le cinéma, tout seul, depuis le fond de la forêt…

José Gualinga prend la parole

 

" Nous avons déposé une requête en 2003 auprès de la cour inter Américaines des droits de l’homme. Une première mesures provisoires ont été prises.

Nous demandons au gouvernement Equatorien :

  • de respecter les droits de l’homme.
  • La sécurité pour les leaders et les personnes mise en avant dans ce combat.

Mais il ne nous donne aucune réponse et n’ont pas appliqué les résolutions de la cours à cette date

Nous aspirons à revenir à un rythme normal de vie quotidienne. Il n’y a aucune des dispositions appliquées à ce jour par l’état équatorien.

Actuellement, nous demandons leur demandons d’enlever les 1 400 kilos d’explosif enterrés que la compagnie a laissé sur place. Le retrait des explosifs est une mesure urgente pour nous, car cela peut être un prétexte pour entrer sur notre terrain par une présence militaire, ce qui est pour nous dangereux.

Nous avons intenté une action en justice, ce qui est un acte historique en Amérique du Sud et en Equateur. Le fait de reconnaître le droit des Peuples Indigènes dans toute l’Amérique du Sud, peut être un cas de jurisprudence. "

QUESTIONS

Je voudrais savoir ce qu’est la cour Inter Américaine, quelle est son rôle, son autorité ?

JG

Les décisions prises doivent être respectées. C’est beaucoup plus contraignant, disons supra Etatique. "

" Elle appartient à l’organisation des Etats Américains. C’est l’équivalent du tribunal de la Haye, sauf que l’Amérique n’est pas signataire.

Et si elles ne sont pas respectées ?

JG

" C’est la réputation d’un Etat qui est en jeu. La violation des Peuples Indigènes a un impact négatif sur les relations économiques du pays. "

Permettre au peuple kichwa de Sarayaku de faire reconnaître leurs droits

Y a t-il eu des pourparlers avec les compagnies ?

JG

" NON, les compagnies cherchent le dialogue, mais c’est pour corrompre les indiens, les faire accepter ce qu’elles souhaitent. Il n’y a aucune raison de traiter avec le gouvernement, ou une entreprise privée, il y a des lois et on entend qu’elles soient respectées. " 

Quel est le soutien du peuple Equatorien envers les Sarayaku ?

JG

L’Etat doit revoir ses contrats, il y a un vide juridique. L’Etat veut protéger ses investissements étrangers, mais il doit consulter préalablement les Peuples Autochtones et obtenir leur accord, car nous avons obtenu des titre de propriétés collectifs sol leurs appartiennent. Les compagnies pétrolières sont entrées par la force et ont commencé une destruction complète du pays au Nord et Nord-Est ce qui a provoqué un drame écologique et humain. "

On a vu que dans le film, les plantes médicinales étaient détruites par la compagnie, comment les Sarayaku font-il pour gérer cela ?

JG

Le contact avec l’extérieur a été rompu, et une militarisation de la zone empêche la circulation sur la rivière. Il y a 1.4 tonne d’explosif ce qui équivaut pour donner un exemple à la quantité nécessaire à la destruction d’une ville comme Paris. Ils viennent par hélicoptère et chassent les animaux en grand nombre. Ils font des pistes d’atterrissage sans aucun discernement.

Nous sommes physiquement et psychologiquement menacés. Nous subissons de fortes pressions "

Qu’attendez vous de nous et des européens, que pouvons nous faire pour vous ?

JG

Il consiste en la plantation d’arbres à fleurs que l’on pourra voir en survolant le territoire. Cette ligne délimitera sur des centaines de kilomètre le territoire du Peuple de Sarayaku. Ce projet a également comme objectif d’attirer l’attention nationale et internationale sur notre lutte pacifique. Les Peuples Indigènes sont là et nous proposons des choses alternatives. Cette œuvre témoigne de la volonté du peuple Kichwa de préserver son territoire, et de la solidarité des occidentaux interpellés et conscients de l'enjeu planétaire. 

" Je vais être très directe. Nous avons établie un projet qui se nomme " frontière de vie ".

Nous vous demandons que chacun d’entre vous devienne un parrain. De créer un lien entre nous et passer le relais. Garder cette terre. Maintenant vous devenez responsable, il faut en parler autour de vous. Nous avons besoin de bâtir les chose de façon concrète :Créer un réseau capable de stopper l’avancée des groupes pétroliers.

Pour le moment la situation est stable, mais on sait très bien qu’ils préparent une autre façon d’entrer, légale cette fois ci !!.

Nous parcourons la France et l’Europe. Vous et nous, Indiens nous devons œuvrer ensemble.

Je suis allée à Bruxelles, prendre contact avec les intenses des pays Andins de l’Equateur…. Colombie, Bolivie, Pérou….. et puis la France. Il existe une alliance des Peuples Autochtones et le peuple de Sarayaku est invité par les autres communautés pour défendre notre projet. "

Au delà d’un combat matériel, est ce que votre force spirituelle vous permet de résister au combat ?

JG

Comment pouvons nous participer concrètement ?

CA

Nous avons monté un site Internet, avons comme idée d’organiser des groupes de travail en province….. propager le message. Avoir un autre regard sur les choses. Cela peut fonctionner il suffit de le vouloir. "

JG

Nous avons vu sur le film l’importance des femmes comme porte-parole, est ce un élément essentiel ?

JG

La symbolique d’une " frontière de vie " est magnifique par rapport aux " frontières de mort " que l’on peut observer partout dans le monde, la frontière de Mexique, Israël

JG

Par rapport au film, on voit que votre force de combat repose sur votre attachement à votre identité

JG

Si vous en avez cette perception il devient intolérable que l’on puisse y toucher. Si l’on perd ce contact cela devient beaucoup plus dangereux que de perdre celui avec l’étranger. Cela engendrera chez l’indien des changements au plan physique, moral, spirituel et le transformera en un être destructeur en puissance.

Pour rester ce que nous sommes, nous devons rendre visite à la forêt et rester en contact avec elle. "

Est ce que vous parlez de vos actions auprès des chaînes de télé, des écoles… en Equateur ?

JG

Il faudrait ne pas s’arrêter à ce soir, et pouvoir créer un forum de discussion avec vous tous, échanger nos impressions, garder un lien avec les personnes de cette soirée.

CA

Merci à tous. "

Corinne ARNOULD Présidente de Paroles de nature et josé GUALINGA 

 

Corinne ARNOULD Présidente de Paroles de nature
Patricia BERLINE présidente de l'association la Tribu Calumet et josé GUALINGA

Comment nous rejoindre et devenir bénévole Paroles de Nature

C’est très simple… nous nous réunissons régulièrement sur Paris alors envoyez-nous vos coordonnées et vos motivations à

benevoles@parolesdenature.org pour être tenu au courant des prochaines réunions de l’association.

REPORTAGE DE   

" Oui, il faut faire les choses petit à petit. Vous trouverez également les bons de souscription et ainsi nous continuerons la beauté du geste pour une frontière de fleurs.
" Nous avons amorcé un processus de sensibilisation, nous avons des personnes " relais " qui travaillent dans les universités. Les médias parlent du problème, pas tous mais la plupart oui "
" Les chamanes sont là et transmettent les valeurs fondamentales avec notre lien avec la nature. Si le lien avec la nature est rompu, nous aurons des problèmes de santé, ce sera le chaos et le déséquilibre. Notre devoir est de dire que la forêt est vivante.
" Ce n’est pas faire une limite, c’est un hymne à la vie. 1200 personnes ne peuvent pas changer le monde, mais elles contribuent à faire avancer quelque chose ".
" C’est très important et primordiale dans le cadre de notre lutte. Beaucoup d’entre nous peuvent avoir des réactions violentes et les femmes par leur soutien nous aident à avoir un comportement plus intelligent, non violant "
" Nous n’avions jamais planté d’arbres, ils étaient là. Nous sommes allés dans la forêt rechercher les graines pour constituer une pépinière d’arbres. Nous en avons aujourd’hui 5000. C’est également renforcer les traditions. Nous devons réapprendre à reconnaître les plantes, les arbres. C’est une éducation pédagogique pour les enfants. Tout est dans le tout, et tout se nourrit. Imaginer, les fleurs pour la biodiversité, les insectes, les animaux….Nous devons recréer des lieux propres à la renaissance de la vie. C’est également réinjecter les valeurs traditionnelles. "
" Par des bons de parrainage, à hauteur de ses moyens. Cela peut aller du petit geste symbolique à un don beaucoup plus conséquent. Nous voulons ouvrir une fenêtre sur l’extérieur, et commencer un réseau multiplicateur. Une frontière de vie Belge, Allemande et pourquoi pas Française. Pour chacun de vous le processus est en train de se faire et de germer. Il faut consacrer du temps, pouvoir informer, participer aux actions…..ne pas s’arrêter à cette soirée.
" Le projet " Frontière de vie " a été élaboré par la communauté de Sarayaku sous l’inspiration de ses Yachaks (chamanes). C’est la fleur qui guérit le déséquilibre qui peut être en chacun de nous. L’idée est que chacun d’entre nous peut planter son arbre.
" L’exploitation pétrolière passe par plusieurs phases : d’abord la signature par l’Etat d’accord avec les compagnies, la concession, l’Exploration sismique, l’Exploitation proprement dite et enfin la commercialisation. L’étape de l’exploitation implique la création de routes, des bases logistiques……
" Il y a une véritable conscience et un soutien, car 70% du peuple Equatorien est pauvre.

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